Dans la Meuse16.800 drapeaux rouges pour la paix

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Ils flottent sur l'un des champs de bataille de la Grande Guerre. Pas moins de 16.800 drapeaux rouges, symboles des hommes tombés au combat, ont été érigés près de Verdun "pour la paix".
16.800 drapeaux rouges pour la paix dans la Meuse
Ils flottent sur l'un des champs de bataille de la Grande Guerre. 16.800 drapeaux rouges, symboles des hommes tombés au combat, ont été érigés près de Verdun.

Jean-Paul de Vries, propriétaire d'un musée consacré à la Première Guerre  mondiale à Romagne-sous-Montfaucon, petite commune de la Meuse, a voulu  symboliser par cette exposition en plein air "le sang qui a coulé". 
       
Les drapeaux représentent ces milliers de soldats qui ont perdu la vie, ici  à une quarantaine de kilomètres au nord de Verdun, mais aussi ceux de "toutes les guerres, y compris celles toujours en cours", dit-il. Le but est de "matérialiser" le nombre de morts. "Les gens ne se rendent pas  compte. Quand on parle de milliers de morts, ce sont des chiffres", relève-t-il.  Mais "quand on voit des croix" ou des drapeaux à n'en plus finir, on prend conscience de la réalité.
       
En ce premier jour du printemps, le rouge des drapeaux fouettés par le vent  se mêle à la verdoyante vallée de la Robinette, qui s'étend sur 60 hectares. Quelques marcheurs passent, découvrant ce champ de rectangles posés sur des piquets. "Dès que l'on arrive ici, ça nous donne un signal de combat et de souffrance. Mais par-dessus la couleur, le vent et la vivacité des fanions, on a un espoir de paix et de sérénité", confie Serge Gubler, 64 ans, venu  avec son épouse en randonnée.

Amener la paix 

       
Le rouge symbolise aussi l'amour. "Tous ces hommes, ces militaires, ils  sont aimés par leur mère, par leurs enfants (...) ce sont des hommes qui ont été aimés parce qu'ils étaient bons", selon Jean-Paul de Vries. L'endroit est la "vallée de la paix", poursuit-il. "C'est vert, on n'entend  pas d'autre bruit que le son des oiseaux, il n'y a pas d'autoroute."
       
Mais en regardant l'histoire, "je crois que déjà au début de l'époque  romaine, on s'est battu dans cette vallée", relève le passionné. "On a choisi  l'endroit le plus joli de la région pour combattre, tous ces siècles!"
       "On sait ce qui s'est passé ici, donc on est émerveillés sur une terre qui a  connu la misère", dit Renée Gubler, l'épouse de Serge. L'exposition n'a ni début ni fin et choix a été fait de ne pas ajouter de  panneaux ou quelconque indication: "Je laisse tout à l'imagination des gens."

"Folie des guerres" 

Avec ce projet un peu fou, "c'est la folie des guerres" qui est représentée  et "la paix" qu'il invite le public à chercher "en eux". Tout près du champ de bataille, le musée de M. de Vries rassemble 300.000  pièces, qu'il a récoltées depuis l'âge de sept ans, lorsque le quinquagénaire venait en vacances dans la région. 
       
Avec des reconstitutions de tranchées, le public peut découvrir "le côté dur  de la guerre": casques perforés, obus éclatés ou fusils.
       Le projet "Flag for peace" (Drapeaux pour la paix) s'est construit en un an et demi, avec le concours d'écoliers des Pays-Bas, pays d'origine de M. de Vries.
       
Afin de participer à son financement, il est possible de parrainer un drapeau, pour 2,50 euros. Il espère qu'après le 1er avril et la fin de cette exposition, les drapeaux  voyagent "dans le monde entier", en Normandie, aux Pays-Bas ou à Waterloo "pour  mettre la paix sur les champs de bataille".

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