25 ans de recherche TélévieDavantage de cas de cancer, mais moins de décès

Sibila Lind
Depuis 2001, le Télévie a récolté plus de 32,4 millions d’euros pour la recherche contre le cancer. Le cancer reste la première cause de mortalité au Luxembourg, avec environ 1 000 décès par an. Mais les chiffres récents donnent de l’espoir.
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Chaque année, environ 3 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués au Luxembourg. Selon les experts, ce chiffre pourrait encore augmenter de plus de la moitié au cours des 20 prochaines années. Malgré cela, des tendances positives se dessinent : les décès liés au cancer diminuent depuis des années.

Cette évolution est due aux progrès de la recherche, qui permettent, grâce à des études longues et à de nouvelles découvertes, de traiter la maladie de manière plus ciblée et moins invasive. Le Dr Guy Berchem, engagé dans le Télévie depuis ses débuts, souligne que de nombreux nouveaux médicaments ont pu être développés ces dernières années. Mais au cours des deux dernières décennies, il a d’abord fallu comprendre comment fonctionne le cancer. Même si le “remède ultime” n’existe pas encore, “les chances sont aujourd’hui bien meilleures”.

La recherche a permis de développer des molécules capables de bloquer la croissance des cellules cancéreuses, et la chimiothérapie est devenue plus efficace et moins agressive pour la santé. De grands progrès ont également été réalisés dans l’immunothérapie : au lieu d’attaquer directement le cancer, on stimule désormais le système immunitaire “pour qu’il le combatte”, explique le médecin.

Immunothérapie : efficace avec moins d’effets secondaires

Les avancées thérapeutiques améliorent non seulement les taux de survie, mais aussi la qualité de vie des patients. Cela vaut particulièrement pour l’immunothérapie, qui provoque moins d’effets secondaires que la radiothérapie ou la chimiothérapie.

Au lieu de détruire les cellules cancéreuses — et souvent aussi des cellules saines — l’immunothérapie renforce le système immunitaire afin qu’il puisse attaquer lui-même le cancer. Elle n’est toutefois pas efficace pour tout le monde, car toutes les tumeurs ne contiennent pas des cellules immunitaires dans leur environnement immédiat.

“Certains microenvironnements tumoraux ne contiennent pas de cellules immunitaires, ce qui empêche leur activation”, explique le Dr Bassam Janji, chercheur au Luxembourg Institute of Health (LIH) depuis plus de 20 ans. “Nos recherches visent à amener des cellules immunitaires dans le microenvironnement tumoral, puis à renforcer le système immunitaire afin que ces cellules puissent éliminer le cancer. “

Approches combinées et traitements personnalisés

Certains types de cancer sont devenus plus faciles à traiter au fil du temps, comme le cancer des testicules, le cancer de la thyroïde ou le lymphome de Hodgkin. Mais d’autres, malgré des années de recherche, n’ont toujours pas de traitement réellement efficace. C’est le cas du glioblastome, la forme la plus agressive de cancer du cerveau, étudiée depuis plus de dix ans par la Dr Sabrina Fritah. Elle cherche à comprendre comment certaines cellules cancéreuses survivent au traitement ou parviennent même à y échapper, ainsi que les changements qui apparaissent dans ces cellules et les mécanismes qu’elles développent.

Une fois ces changements identifiés, les chercheurs peuvent développer des moyens de les bloquer, afin de rendre les tumeurs plus sensibles aux traitements. " L’objectif est de développer de nouvelles combinaisons thérapeutiques qui ciblent non seulement la tumeur, mais aussi ces mécanismes de plasticité, afin de rendre les traitements plus efficaces”, explique la Dr Fritah. Les traitements ne sont plus une solution universelle : ils deviennent de plus en plus personnalisés. " Un traitement pour un patient, à un moment précis. C’est là-dessus que travaillent les chercheurs.

Aujourd’hui — et encore davantage à l’avenir — les patients et leurs tumeurs sont analysés individuellement, afin que les médecins puissent combiner différentes thérapies adaptées à chaque cas.

Plus de cas de cancer, mais moins de décès

Selon l’European Cancer Information System (ECIS), le nombre de cas de cancer au Luxembourg devrait augmenter de 57 % entre 2022 et 2040. Une chose est cependant claire : moins de personnes meurent de la maladie.

Depuis 1998, les décès liés au cancer ont diminué en moyenne de 2,1 % par an au Luxembourg, toutes formes confondues. La recherche progresse rapidement et devrait avancer encore plus vite grâce aux nouvelles technologies capables de traiter des données et des calculs complexes. Aujourd’hui, davantage de personnes vivent plus longtemps après un diagnostic de cancer, et beaucoup sont traitées avec succès grâce à un dépistage plus précoce et à des thérapies nettement améliorées.

Mais derrière cette augmentation de l’espérance de vie se trouvent des décennies de recherche. C’est pourquoi les investissements, notamment grâce à des initiatives comme le Télévie, restent essentiels pour poursuivre les avancées dans la lutte contre le cancer.

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