
“On ne peut pas débloquer l’argent des contribuables européens pour un pays qui ne respecte pas l’Etat de droit”, a déclaré Jean Asselborn à l’AFP, avant une réunion avec ses homologues pour préparer le sommet européen de jeudi et vendredi.
“Je ne m’en réjouis pas, mais il faut actionner le levier de la conditionnalité pour toutes les finances européennes”, a-t-il ajouté.
La Cour de justice européenne, saisie par la Hongrie et la Pologne qui conteste un nouveau mécanisme liant le respect de l’Etat de droit au versement des fonds européens, doit rendre sa décision dans les prochains mois.

“Si ce qu’on a décidé concernant la conditionnalité avec l’Etat de droit est compatible avec les traités, alors on y va”, a lancé Jean Asselborn.
En outre, la Commission européenne a gelé l’approbation du plan de relance de 36 milliards d’euros de la Pologne car il ne remplit pas tous les critères fixés, notamment sur l’indépendance des juges. Elle a également gelé celui de la Hongrie, en raison d’une lutte jugée insuffisante contre la corruption.
“Je n’aurais jamais imaginé me retrouver dans une situation où il faut sauver l’Europe avec de l’argent, avec des finances. C’est fou”, a déploré Jean Asselborn, en fonction depuis 17 ans. Mais “l’Europe ne survivra pas si l’état de droit tombe. C’est clair”, a-t-il averti.
“Nos valeurs, le respect des minorités. Si on détruit tout cela, on se retrouvera à nouveau là où on était dans les années 30”, a-t-il ajouté.
“Aucun Etat membre n’est indispensable”, a-t-il souligné dans une référence à l’article 50 déclenché par le Royaume Uni pour quitter l’UE. “Mais le peuple polonais n’acceptera pas un gouvernement qui fera sortir la Pologne de l’UE”, a-t-il estimé.
Enfin, en marge de la réunion du Conseil des Affaires étrangères de l’UE qui s’est déroulée lundi à Luxembourg, Jean Asselborn a eu une entrevue bilatérale avec son homologue grec, le ministre des Affaires étrangères Nikos Dendias.
L’entrevue a permis de “faire le point sur les relations bilatérales entre le Luxembourg et la Grèce, ainsi que d’avoir un échange de vues sur les derniers développements internationaux et européens”, précise le ministère des Affaires étrangères.
Dans ce contexte, les ministres Asselborn et Dendias se sont notamment penchés sur la situation en Méditerranée occidentale, dans les Balkans occidentaux et en Afghanistan. Les questions liées à la migration et à la libre circulation au sein de l’UE ont également été abordées.