
Mediapart a publié une enquête dans laquelle le média en ligne cite notamment un commissaire du renseignement territorial affirmant qu'il lui est demandé "texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement alors que c'est objectivement faux de l'avis général des RT (renseignements territoriaux, ndlr)".
Des accusations balayées par le Premier ministre Sébastien Lecornu en personne: devant l'Assemblée nationale mardi, il a démenti que la police "se livre à du renseignement politique". "C'est faux" et "il est impensable qu'un gouvernement puisse donner de pareilles instructions", a-t-il martelé.
Quelques minutes plus tôt, son ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait également réfuté toute implication du gouvernement, mettant en avant "le trait d'union", "réel" à ses yeux, entre La France insoumise et certains groupuscules d'ultragauche. "Vous avez un député qui est membre de la Jeune Garde dans vos rangs", l'élu du Vaucluse Raphaël Arnault, a souligné M. Nuñez.
"Qu'on en vienne à manipuler le travail des renseignements territoriaux pour essayer de cibler La France insoumise, c'est absolument inacceptable", avait attaqué plus tôt le coordinateur national de LFI Manuel Bompard. "Cela s'appelle un scandale d'État".
L'Insoumis a annoncé qu'il allait saisir la Cour de justice de la République, compétente pour juger les ministres, contre Laurent Nuñez. "Fabriquer des faux documents (...) faire ce qu'on appelle de l'abus d'autorité (...), ce sont des délits", a-t-il encore accusé.
LFI demande aussi la démission du ministre de l'Intérieur, qu'il avait lui-même proposé de remettre à Emmanuel Macron. Ce dernier l'a refusée.
Lundi, une source sécuritaire a relevé le côté hétéroclite des personnes ayant participé aux différentes actions violentes du week-end.
Il y a eu à Paris, comme ailleurs dans les grandes villes, bien avant les rassemblements, la constitution d'"un bloc radical" avec des "militants d'ultragauche auxquels se sont ajoutés des contestataires violents", a-t-elle relaté.
Depuis plusieurs semaines, l'exécutif accuse le mouvement de Jean-Luc Mélenchon d'instrumentaliser et d'attiser la colère des lycéens.
Samedi soir, Sébastien Lecornu est allé plus loin en le sommant de "choisir son camp" entre les "forces de l'ordre" et les "casseurs".
Le Premier ministre réunit LFI, les groupes d'extrême gauche (Lutte ouvrière, NPA...) et ceux d'ultragauche (black blocs, antifa, etc) au sein "d'une nébuleuse d'extrême gauche".
Mardi, devant l'Assemblée nationale, il a dénoncé "la planification en certains endroits d'un schéma insurrectionnel" mené par ces groupuscules.
La droite et l'extrême droite ciblent également Jean-Luc Mélenchon.
Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé lundi soir que la question de l'interdiction de La France insoumise pouvait être "posée", reprenant une proposition faite par le candidat des Républicains Bruno Retailleau.
Pour le patron du RN Jordan Bardella, "l'ultragauche est le bras armé" de LFI qui veut "la guerre civile en France".
Son vice-président Sébastien Chenu a dit mardi ne pas croire Mediapart, qui "vole au secours des émeutiers" alors que "c'est à La France insoumise de s'expliquer".
"La montée des accusations portées contre nous (...) me font craindre des provocations souvent pratiquées dans ce type de période de crise par les gouvernements aux abois et leurs alliés", a répondu sur X Jean-Luc Mélenchon, appelant ses militants à "la vigilance".
Les Insoumis ont reçu le soutien du patron du PS, Olivier Faure. "On a le droit de contester LFI mais, dans une démocratie, on ne manipule pas la vérité pour éliminer un opposant. Et on ne jette pas un écran de fumée sur les revendications des lycéens et des salariés", a-t-il affirmé sur X.
Le gouvernement "s'enferme dans une rhétorique du bouc émissaire", a renchéri la présidente du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, qui demande au Premier ministre d'arrêter "les déclarations incendiaires".