
Un accord tripartite a été signé début juin par le gouvernement et les partenaires sociaux. Le paquet "résilience", négocié dans le cadre de la tripartite, se compose de 20 mesures, dont des aides publiques et des réductions d’accises, afin de freiner l’inflation et de renforcer le pouvoir d’achat ainsi que la transition énergétique.
Mardi, le gouvernement retrouvera les partenaires sociaux à Senningen pour faire le point sur la tripartite de juin, conformément à ce qui avait été convenu à l’époque.
La présidente de l’OGBL, Nora Back, se réjouit de la tenue de cette réunion. Les syndicats étaient demandeurs de rencontres régulières dans le cadre de la tripartite :
"Tout simplement pour que le dialogue social reste vivant et que nous puissions échanger sur la situation. Or, cette situation est préoccupante. Les personnes que nous représentons, les salariés et leurs familles, se font beaucoup de souci. Nous attendons donc que ces préoccupations soient prises en compte et que des solutions y soient apportées."
En juin, les partenaires sociaux et le gouvernement avaient décidé des mesures destinées à contenir l’inflation, notamment l’intervention sur les accises des carburants, ainsi que sur le gaz, le mazout, etc. L’objectif était de freiner la hausse des prix dans le panier de consommation afin d’éviter une succession de tranches indiciaires. Cependant, la guerre au Moyen-Orient dure plus longtemps que ce qui était envisagé en juin, si bien que les scénarios établis à l’époque par le Statec concernant l’évolution de l’inflation ont été quelque peu bouleversés.
C’est pourquoi René Winkin, directeur de la Fedil, attend de nouvelles prévisions :
“Nous partons du principe que nous recevrons de nouvelles prévisions. Comme il est difficile d’établir des prévisions fiables, nous avons besoin de projections et de scénarios. Que se passe-t-il dans un scénario plus positif ? Que se passe-t-il dans un scénario plus négatif ? À partir de ces scénarios, on pourra projeter les effets de l’expiration de ces mesures, de leur maintien partiel ou total. Et peut-être, dans un scénario particulièrement négatif, il faudra modifier certaines dispositions. Il sera alors possible d’en évaluer l’impact afin de savoir quelle en serait réellement l’efficacité.”
Le Premier ministre Luc Frieden a déclaré la semaine dernière qu’aucune décision n’avait encore été prise quant à une éventuelle prolongation des mesures énergétiques au-delà de la nouvelle année, renvoyant à la réunion de ce mardi :
"Globalement, le pouvoir d’achat de la population a jusqu'à présent augmenté au cours des trois années de mandat de ce gouvernement. Nous continuerons à œuvrer dans ce sens."
Il souhaite analyser, avec les partenaires sociaux, les chiffres que le Statec leur présentera. Des propos qui devraient au moins en partie rassurer les syndicats. Nora Back souligne en effet :
“En juin, nous avons effectivement adopté une série de mesures justement pour freiner l’inflation et mieux maîtriser la hausse des prix. S'il s'avère aujourd’hui que cela n’est pas suffisant, cela signifie pour nous qu’il faudra prendre des mesures supplémentaires. Si vous me demandez quelles sont mes attentes, j’attends que le gouvernement maintienne que l’index est gravé dans le marbre. Vous savez que c’est pour nous un principe fondamental.”
Cependant, tout ce qui a été décidé en juin n’a pas encore été pleinement mis en œuvre. René Winkin explique :
"Avec l’ensemble du paquet de mesures, nous savions que certaines pouvaient être appliquées rapidement, tandis que d’autres demandaient davantage de temps. Mais il ne faut pas non plus exagérer quant à ces délais. Je pense que nous, tout comme les syndicats sur certains points, sommes en droit d’attendre que ce que nous avons convenu, soit effectivement mis en œuvre."
Selon lui, rien ne permet toutefois d’affirmer que le gouvernement ait manqué à sa parole.