
Le directeur des unités territoriales de Voies navigables de France (VNF) le concède, “cet étiage (l’abaissement naturel d’un cours d’eau) commence tôt dans l’année, alors que le fleuve peut de moins en moins compter sur la fonte printanière des neiges alpines pour se renouveler”. Selon l’Institut fédéral d’hydrologie allemand, l’étiage continuera à baisser en août.
Au Centre d’alerte rhénan, véritable tour de contrôle de la navigation, les débits mesurés en divers endroits s’alignent sur des écrans et sont deux fois inférieurs à la normale, à 500 mètres cube/seconde en moyenne, des valeurs habituellement observées en automne.
Avec ces niveaux, la faune et les activités humaines sont en danger: tandis que les péniches sont moins chargées pour ne pas frotter le fond du cours d’eau, le manque d’eau conduit à son réchauffement... nocif pour les espèces aquatiques.

En France, un débit d’eau à valeur réglementaire, appelé “débit réservé” et fixé par les services de l’Etat, est maintenu en permanence, afin de préserver la continuité écologique et notamment la vie aquatique. Si la quantité d’eau disponible dans le cours d’eau est inférieure ou égale à cette valeur, les prélèvements sont stoppés et la navigation peut être arrêtée, explique VNF, selon qui le débit du Rhin, par exemple, est “particulièrement faible”.
Dans les étangs de Holtzheim (Bas-Rhin), au bord de la Bruche, Jean-Marc Wirth est inquiet des niveaux, très bas. “En huit jours, le niveau de l’eau est descendu de moitié. En profondeur, il n’y a même pas un mètre alors qu’en temps normal il y a deux mètres. Les niveaux ne sont jamais très hauts en période estivale, mais cette année c’est particulièrement bas”, détaille le pêcheur, pointant du doigt un étang où les poissons sont proches de la surface.
