SoudanLe président déchu Omar el-Béchir transféré au parquet

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En outre, le pouvoir a promis la peine de mort pour les auteurs de la dispersion d'une manifestation pacifique ayant fait plusieurs morts
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Le président déchu du Soudan Omar el-Béchir a été conduit dimanche depuis sa prison vers le parquet en charge des affaires de corruption à Khartoum, où il a été vu pour la première fois en public depuis sa destitution en avril.

M. Béchir, vêtu de la traditionnelle djellaba banche soudanaise et un turban à la tête, est arrivé au parquet escorté par un convoi de véhicules militaires et des membres des forces de sécurité lourdement armés, a constaté le correspondant de l’AFP devant les locaux du parquet.

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Peine de mort pour les auteurs de la dispersion d’un sit-in

Le numéro deux du conseil militaire au pouvoir au Soudan a promis dimanche la peine de mort aux auteurs de la dispersion d’un sit-in de manifestants qui a fait des dizaines de morts et provoqué un tollé international.

Le général Mohammed Hamdan Daglo, dit “Hemeidti”, est à la tête des Forces de soutien rapide (RSF), des paramilitaires accusés par les chefs de la contestation et des ONG d’être à l’origine de la dispersion du sit-in le 3 juin et de la répression qui a suivi.

Jeudi, le Conseil militaire de transition a reconnu pour la première avoir ordonné la dispersion du sit-in le 3 juin, en regrettant des “erreurs qui se sont produites”.

“Nous travaillons dur pour envoyer à la pendaison ceux qui ont fait ça”, a lancé le général Daglo, pointant du doigt “toute personne qui a commis une erreur ou un abus (...)”, lors d’une allocution retransmise à la télévision publique.

“En ce qui concerne la dispersion du sit-in, on ne va pas vous décevoir, ni décevoir les familles des martyrs”, a-t-il lancé.

Des milliers de manifestants participaient à ce sit-in devant le QG de l’armée à Khartoum pour réclamer un transfert du pouvoir aux civils, après le renversement le 11 avril du président Omar el-Béchir par l’armée.

Selon un comité de médecins proches de la contestation, quelque 120 personnes ont été tuées dans la répression des manifestants depuis le 3 juin, la plupart dans la dispersion du sit-in. Les autorités ont parlé de 61 morts.

Samedi, le porte-parole de la commission d’enquête militaire sur la dispersion du sit-in, Abderrahim Badreddine, a indiqué à la télévision d’Etat que son rapport n’était pas finalisé. Mais il a révélé des conclusions préliminaires selon lesquelles “des officiers et des soldats sont entrés sur les lieux du sit-in sans l’ordre de leurs supérieurs”.

Le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamseddine Kabbachi, avait affirmé que le but de l’opération était de chasser des éléments “criminels” dans un secteur appelé Colombia, près du sit-in.

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