
La protestataire de la télé russe vient d’être condamnée à une amende et libérée.
“Je ne reconnais pas ma culpabilité”, a-t-elle proclamé dans la salle d’audience, soulignant avoir exprimé son opposition au conflit, selon une journaliste de l’AFP.
“Je reste convaincue que la Russie commet un crime (...) et qu’elle est l’agresseur de l’Ukraine”, a-t-elle affirmé avec un grand calme.
Marina Ovsiannikova, vêtue d’un tailleur-pantalon bleu foncé, risquait 10 jours de détention pour avoir violé la très stricte législation russe sur les manifestations.
L’un de ses avocats a demandé le classement du dossier, sa cliente n’ayant pas eu accès à ses conseils durant sa garde à vue.
L’audience de mardi n’est pas directement consacrée à l’action de M. Ovsiannikova à l’antenne de la chaîne Pervy Kanal, mais à une vidéo que la prévenue a diffusée parallèlement sur internet pour dénoncer l’entrée de dizaines de milliers de troupes russes en Ukraine.
Marina Ovsiannikova n’a pas dans l’immédiat été inculpée du crime de publication d’"informations mensongères” sur l’armée russe, passible d’une peine maximale de 15 ans de prison.
Interrogé plus tôt dans la journée par l’AFP, l’un de ses conseils, Daniil Berman, a dit craindre cependant qu’une telle procédure pénale soit engagée contre sa cliente, mère de deux enfants mineurs.
Mme Ovsiannikova, qui travaille pour la chaîne Pervy Kanal, avait brandi dans le dos de la présentatrice du journal du soir une pancarte dénonçant la propagande russe au sujet de son offensive en Ukraine.
La vidéo de l’incident s’est propagée comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes saluant le “courage extraordinaire” de cette femme, dans un contexte de brutale répression contre toute forme de dissidence.
Depuis le début de l’intervention en Ukraine le 24 février, plusieurs milliers de manifestants ont été arrêtés en Russie, dont plus de 5.000 dans la seule journée du 6 mars.
“Le salut de la Russie ne peut venir que de femmes comme elle !”, s’enthousiasmait un internaute sur Twitter, pendant qu’un autre appelait à la “protéger immédiatement”.