
Andrew Ferrone, climatologue et chef du service météo de l’ASTA au ministère de l’Agriculture, a fait état d’une situation exceptionnelle concernant les sports d’hiver.
Au Luxembourg aussi, les températures étaient de 1,7 degrés trop élevées durant le mois de janvier. Bien sûr, une seule année ne suffit pas pour affirmer que c’est le changement climatique qui est en cause. En revanche, on peut affirmer que sur le long terme, les températures augmentent, ce qui entraîne le recul des chutes de neige à moins de 1.500-2.000 mètres. On peut donc s’attendre à ce que les domaines skiables deviennent de plus en plus petits dans les Alpes et qu’ils disparaissent même dans des régions comme la Forêt-Noire, selon notre invité de la rédaction.

Travailler avec des canons à neige ne serait pas une alternative. C’est ce qu’ils appellent dans le jargon du métier une “mal-adaptation”. La neige artificielle est surtout produite avec de l’énergie fossile et consomme beaucoup d’eau, eau qui n’est donc plus utilisable comme eau potable. La fonte des glaciers a des conséquences majeures sur des écosystèmes entiers, surtout sur les fleuves, posant ainsi des problèmes pour l’approvisionnement en eau potable et pour l’agriculture.
Lorsque certaines personnes affirment avoir déjà vécu de tels hivers il y a 30 ans, et qu’il ne s’agit donc de rien d’exceptionnel, il faut rappeler la différence entre météo et climat, explique Andrew Ferrone. La météo est variable d’année en année, mais on observe le climat sur de longues périodes. Les extrêmes sont de plus en plus fréquents: à l’instar des canicules, des sécheresses et des fortes pluies.
Il a été prouvé que le changement climatique peut être attribué aux êtres humains et à leurs émissions de gaz à effet de serre. Le conseil mondial pour le climat estime qu’il est encore possible de limiter le réchauffement de la Terre à 1,5 degrés, et nous avons tous une responsabilité pour rendre cela possible, a déclaré Andrew Ferrone. Rien qu’avec des actions individuelles, nous pourrions baisser nos émissions jusqu’à 70%. L’observatoire national du climat a également réalisé une analyse avec le LIST qui a fait ressortir que les émissions CO2 dues à la consommation sont 70% plus élevées que ce qui est affiché dans les statistiques officielles, et les transports constitueraient un facteur majeur.
Bien sûr, les pays en développement doivent aussi mettre la main à la pâte, c’est pourquoi les grandes conférences sur le climat sont aussi importantes, afin que chacun soit réuni à une même table, a ajouté Andrew Ferrone.