Pourquoi ce timing ? L’élu explique que c’est à présent le bon moment pour mettre en place une nouvelle équipe. L’échevin CSV Frank Pirrotte et lui-même ont soumis cette proposition au comité, car ils souhaitaient “offrir à une nouvelle génération la possibilité de se préparer aux prochaines élections et d’engager un renouveau”.
La nouvelle bourgmestre de Käerjeng sera Nadine Braconnier, quatrième sur la liste CSV lors des dernières élections et épouse du bourgmestre démissionnaire Michel Wolter. Ce dernier est conscient que cette décision suscite du scepticisme et que certains parlent de népotisme. Mais il est faux d’affirmer que tout cela était déjà décidé avant les élections : cela n’a été possible qu’en raison du résultat de ces élections. La future bourgmestre dispose de bonnes qualifications pour assumer la fonction, selon le désormais ex-bourgmestre : elle est secrétaire communale de profession, présidente de la commission des finances de la commune et “elle est une enfant de la commune”.
Michel Wolter ne cache pas ressentir “la satisfaction d’avoir accompli tout ce que je pouvais faire” pour Käerjeng. Les concepts qu’il avait appris et développés en tant que ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, il a ensuite pu les mettre en œuvre au niveau communal. De commune de transit, Käerjeng est devenue une commune véritablement agréable à vivre. Elle n’est plus la même aujourd’hui qu’il y a quinze ans, selon le député.
Le contournement se fait toujours attendre, mais Michel Wolter a encore participé lundi à une dernière réunion au cours de laquelle la situation globale du trafic dans le Kordall a été discutée. Quatre communes (Differdange, Käerjeng, Pétange et Sanem) travaillent avec l’État à l’élaboration de solutions. Un concept global, basé sur sept à huit projets routiers, mais aussi sur le train, le bus et le vélo, est en cours d’élaboration afin de résoudre le chaos routier observé aux heures de pointe le matin.
Quant à savoir s’il se présentera à nouveau aux élections législatives sous l’étiquette CSV, Michel Wolter prendra sa décision l’année prochaine. Il considèrera alors l’évolution de la situation politique ainsi que de sa situation personnelle. “La politique me plaît toujours. Il ne faut donc pas me sous‑estimer. Je suis engagé depuis 41 ans”, affirme‑t‑il.
Il dit “avoir une opinion sur de nombreux sujets et ne pas hésiter à l’exprimer ouvertement”, s’il pense que cela peut apporter quelque-chose. Il trouve notamment des mots très clairs pour évoquer le dialogue social, actuellement dans une véritable impasse, selon lui. “Je n’ai encore jamais vécu cela de cette manière. Je dois aussi dire, pardon pour l’expression, que j’ai parfois l’impression d’être retombé à l’école maternelle.” Le fait que certains partenaires sociaux décident de ne plus s’adresser à leur ministre de tutelle, mais uniquement au Premier ministre, est quelque chose qu’il n’avait encore jamais vécu. “Il n’est tout de même pas acceptable que la présidente de l’OGBL décide de ne pas vouloir se rendre auprès du ministre du Travail et de ne vouloir s’adresser qu’au Premier ministre. Là, je me dis : où sommes‑nous ?”
Le Grand‑Duché est actuellement confronté à un grave problème de compétitivité. Les entreprises sont fortement en recul en comparaison internationale. Le Luxembourg ne vivrait désormais plus que de la place financière. C’est pour cette raison qu’il s’est adressé à Jean‑Claude Juncker afin de dire qu’il fallait enfin une tripartite, “parce que nous faisons face à une crise globale qu’il faut surmonter”. Pour cela, il est toutefois nécessaire de parvenir à un “constat commun” et de “s’accorder sur ce qu’il y a précisément à surmonter”. Ce qui lui manque un peu, c’est “l’esprit selon lequel nous formons une nation et faisons avancer le pays ensemble”. “Nous sommes en train d’entrer dans une société totalement égoïste, où les gens ne regardent plus que leur propre intérêt et leur ego.” Il serait maintenant temps de mettre l’ego de côté.
Avec une opinion aussi tranchée, pourquoi Michel Wolter ne s’est‑il pas porté candidat au poste de président du groupe parlementaire CSV, ou n’a‑t‑il pas présenté une candidature concurrente à celle de Luc Frieden pour la présidence du parti ? “Parce qu’au CSV, on ne se présente pas contre le ministre d’Etat”, répond Michel Wolter. Il estime toutefois qu’il n’est pas souhaitable que Luc Frieden reste président du parti, “car je pense que Premier ministre et président du parti sont deux fonctions distinctes. Et du fait qu’elles soient réunies en une seule personne, notre parti perd en réalité une voix”. Mais on ne se positionne pas contre le ministre d’Etat, car cela provoquerait une fracture au sein du parti, et ce n’est pas de cette manière‑là qu’il entend faire de la politique, conclut le député CSV Michel Wolter.