
Tout s’est passé sans aucun avertissement, affirment les habitants de la commune. Et cela à seulement 200 mètres des habitations. Tout est en règle, affirment la commune elle-même et le ministère du Travail. Une poignée d’habitants directement concernés par le nouveau mât n’en sont toutefois pas si sûrs.
C’est également le cas de Marc Van Oost, qui est tombé sur l’avis de la municipalité en juin dernier alors qu’il se promenait, annonçant qu’un mât d’antenne allait être érigé à un endroit précis: “j’ai contacté la commune pour savoir de quel type d’antenne il s’agissait et ce qui était prévu. La commune m’a dit : ‘ne vous inquiétez pas, c’est une petite antenne, le genre d’antenne qu’on installe sur les maisons'".
Pour lui, l’affaire était réglée. La commune et l’agence de protection de l’environnement lui avaient alors assuré qu’il n’y avait aucun risque pour la population. Puis, tout à coup, un mât de 42 mètres a été érigé à 200 mètres de chez lui: “quand on a vu le pylône, on s’est dit : “mais ce n’est pas possible que ce soit une petite antenne. C’est beaucoup trop grand. On ne fait pas une installation pareille pour une petite antenne”.
Après avoir de nouveau contacté la commune et les administrations, il n’a toutefois reçu aucune autre réponse. La bourgmestre de Waldbëlleg, Andrée Henx-Greischer, n’a elle aussi répondu à RTL que par écrit: “La commune a suivi les procédures qui lui incombent. Le projet est conforme au règlement de construction et se situe dans une zone verte”.
Les ministères de l’Environnement et du Travail seraient alors chargés d’autoriser l’installation de l’antenne. Le ministère du Travail, pour sa part, souligne dans un courriel que c’est l’opérateur de téléphonie mobile lui-même qui définit l’emplacement du mât d’antenne. La distance minimale par rapport aux habitations, en termes de valeurs limites, serait respectée pour ce projet.
Cela ne rassure en rien Tanja Grosbusch, une autre habitante, qui a désormais elle aussi vue sur l’imposant pylône: “nous ne savons même pas en quoi consistaient ces études. A-t-on examiné s’il existait d’autres sites possibles ? Nous n’avons reçu aucune information à ce sujet. Pas même de la part de la mairie. On nous a dit qu’il s’agissait simplement d’une petite antenne”.
Après le lancement d’une initiative citoyenne par plusieurs citoyens du village, six personnes ont désormais fait appel à un avocat et déposé un recours contre le projet, comme l’explique Marc Van Oost: “nous n’avions pas d’autre choix que de prendre un avocat, parce qu’on nous a mis devant le fait accompli. L’avocat a découvert que les antennes prévues n’étaient pas conformes aux autorisations”.
Un projet d’une puissance maximale de 2.500 watts est effectivement autorisé. Cependant, si les 12 antennes prévues étaient installées sur le mât, cette valeur serait largement dépassée. Pour Tanja Grosbusch, la crainte est permanente: “pour l’instant, il y a déjà quelques antennes installées sur le pylône, mais on voit clairement qu’il reste de la place pour en ajouter d’autres, car le mât est très grand. Et les supports qui l’entourent sont également encore vides. Il y a donc certainement de la place pour beaucoup d’autres”.
On espère désormais que la limite de classe 3 de 2.500 watts pour l’antenne ne sera pas dépassée. Et cette crainte n’est pas infondée, selon Marc Van Oost: “notre avocat a déjà eu à traiter trois ou quatre dossiers de ce type, où les pratiques étaient exactement les mêmes. Et dans ces cas-là, les protestataires ont obtenu gain de cause et les pylônes ont dû être retirés”.
Tanja Grosbusch est bien consciente que de telles antennes sont nécessaires au bon fonctionnement des communications, “mais pas aussi près des habitations”, dénonce-t-elle.
En réalité, pour une antenne de classe 1 d’une puissance supérieure à 2.500 watts, une consultation publique des habitants du secteur aurait été nécessaire.