
Une famille avec trois jeunes enfants a perdu son logement après qu’un projet de logement social avec la Fondation pour l’accès au logement a pris fin, la fondation déclarant que les locataires n’avaient pas respecté leurs engagements au cours des trois premières années.
Le 30 mars, Cynthia - un nom d’emprunt utilisé pour protéger son identité - a remis les clés du logement de la famille. Depuis, elle cherche d’urgence un nouveau logement pour elle, son compagnon et leurs enfants, âgés de trois, cinq et sept ans.
Le couple, qui gagne tous deux le salaire minimum, a emménagé dans un appartement de la fondation en 2021 dans le cadre d’un contrat de trois ans. Ils ont ensuite obtenu une prolongation de six mois, mais n’avaient aucun droit légal de rester dans la propriété après le 1er juillet 2024. Quelque 21 mois plus tard, un huissier, accompagné de la police, devait procéder à l’expulsion.

Bien que le rendez-vous officiel ait été fixé au matin du 31 mars, le couple a choisi de partir la veille pour ne pas exposer ses enfants à la procédure d’expulsion. Ils ont emballé leurs affaires en silence et sont partis sans avoir trouvé de solution de relogement.
Pour protéger les enfants de la détresse, Cynthia a expliqué lors d’un entretien accordé à RTL qu’elle leur avait dit qu’ils partaient pour de courtes vacances, mais qu’ils n’arrêtaient pas de demander quand ils pourraient rentrer à la maison, difficile donc de les faire oublier la situation.
Depuis, la famille est hébergée dans un hôtel modeste situé près de l’autoroute à Longwy, où les conditions sont peu confortables. Les enfants ont peu de moyens de passer le temps, passant la plupart du temps à regarder la télévision ou à jouer sur le lit.
Cynthia a contacté de nombreuses agences immobilières, comme elle l’avait fait à plusieurs reprises au cours des derniers mois et même l’année précédente. Cependant, elle explique qu’avant même de se voir proposer une visite, les candidats sont généralement interrogés sur la taille du ménage, les revenus et les contrats de travail.
Elle a indiqué que les exigences portent souvent sur les contrats à durée indéterminée et sur un revenu mensuel de 7.000 à 8.000 euros pour un appartement de trois chambres, ce qui, selon elle, n’est pas réaliste pour un ménage au salaire minimum.
Alors que son partenaire a un contrat à durée indéterminée, Cynthia n’a commencé que récemment à occuper un poste à durée déterminée dans le cadre d’une initiative pour l’emploi.
Cynthia explique qu’elle est née au Cap-Vert, où sa famille travaillait beaucoup dans le domaine du jardinage. Elle a déclaré que son emploi actuel n’est pas seulement un emploi, mais aussi une forme de thérapie, car travailler de ses mains et voir des résultats tangibles l’aide davantage que de parler de ses problèmes.
Elle ajoute que ses collègues et ses supérieurs la soutiennent beaucoup, créant un environnement positif où ils partagent des moments de rire et essaient activement de l’aider lorsqu’elle est en difficulté.
Un collègue l’a récemment mise en contact avec une famille originaire du Burkina Faso qui loue des chambres, et Cynthia a pu obtenir deux chambres pour deux mois à un prix réduit en raison de sa situation. Elle a déclaré que cela lui avait apporté un certain soulagement et réduit son stress, bien que cela ne soit qu’une solution temporaire plutôt qu’un foyer permanent.
Cette affaire soulève la question de savoir pourquoi une famille avec trois enfants a dû quitter un logement fourni par la Fondation pour l’accès au logement, qui soutient actuellement environ 800 ménages au Luxembourg.
Selon son directeur, Gilles Hempel, l’accès au logement par l’intermédiaire de la fondation est lié à un programme structuré d’accompagnement social. Celui-ci comprend une évaluation initiale suivie d’un plan personnalisé visant à améliorer la situation du ménage, comme la gestion des finances, le remboursement des dettes, la recherche d’un emploi, la poursuite d’une formation ou l’obtention d’une qualification professionnelle.
Selon M. Hempel, les bénéficiaires doivent s’engager activement auprès des services sociaux de la fondation et des structures de soutien externes.
Il explique que, dans ce cas, la famille n’a pas respecté ses engagements au cours des trois premières années et n’a pas coopéré activement avec les services sociaux. Malgré cela, la fondation a accordé une prolongation de six mois et a intensifié ses efforts de soutien, mais a finalement conclu que la situation ne s’était pas suffisamment améliorée, ce qui a conduit à la décision de ne pas renouveler le contrat.
Le responsable a tenu à souligner que cette décision n’avait pas pour but de nuire à la famille, mais plutôt d’assurer l’équité envers les autres personnes dans le besoin. En plus des ménages déjà soutenus, environ 1.600 familles sont actuellement sur la liste d’attente.
Il a indiqué que si un ménage choisit de ne pas s’engager dans le cadre de soutien, il ne peut pas rester dans le programme, car les places doivent être mises à la disposition de ceux qui sont prêts à travailler à l’amélioration de leur situation.
M. Hempel a également noté qu’au Luxembourg, les personnes ne sont pas simplement laissées sans assistance, car les municipalités et les services sociaux restent impliqués. Dans ce cas, la famille vivait dans la commune de Steinfort, dont le bourgmestre, Sammy Wagner, a confirmé que les autorités locales avaient été informées de l’expulsion prévue.
Toutefois, en raison de la pénurie de logements, la municipalité ne dispose actuellement d’aucun logement social vacant, sauf pendant les périodes de rénovation, a déclaré M. Wagner.
M. Wagner a expliqué que le bureau social local avait activement cherché des solutions, en contactant diverses organisations pour trouver des logements à court terme et en explorant des options à plus long terme. Il a ajouté que, malgré ces efforts, aucune solution permanente n’a encore été trouvée, bien que quelques pistes potentielles soient à l’étude.
Pour l’instant, la famille continue de chercher un logement par ses propres moyens, en espérant trouver un foyer stable le plus rapidement possible.