Hausse de 3,8 % du salaire minimum"Une décision réaliste, défendable, sans aucun doute la bonne décision", selon Gusty Graas

Pierre Jans
adapté pour RTL Infos
Avec la hausse de 3,8 % du salaire minimum, selon le député DP Gusty Graas, le gouvernement a pris la bonne décision dans une situation particulièrement délicate. "Je considère que la décision prise par le gouvernement est réaliste, défendable et qu’elle est, en ce moment, sans aucun doute, la bonne décision."
© Pierre Jans

Nous nous trouvons actuellement dans un contexte très difficile, non seulement sur le plan politique, mais aussi économique. Nous ne savons pas quelles seront les conséquences de la guerre en Iran. L’an dernier, nous n’avons connu qu’une croissance d’environ 1 %. Les prévisions pour cette année ne sont pas non plus très bonnes”, a rappelé Gusty Graas lundi matin sur RTL, et c’est dans un tel contexte que le gouvernement a dû trancher sur l’augmentation du salaire minimum.

Le député libéral estime donc que le gouvernement a agi de manière réaliste et raisonnable en ce qui concerne la hausse du salaire minimum. Une augmentation de 3,8 % reste un chiffre “très élevé”. Les 70.000 personnes qui perçoivent le salaire minimum “méritaient une adaptation à la hausse”.

Le député libéral a toutefois lancé “un appel à toutes les parties afin qu’elles fassent elles aussi preuve de réalisme, car nous ne devons pas oublier que si nous n’avons plus une économie forte, et celle‑ci est fragile dans plusieurs secteurs, cela aura également des conséquences négatives sur le pouvoir d’achat.” Une année blanche n’aurait pas été défendable, mais une hausse de 11 % ne l’aurait pas été non plus. Les deux parties devraient communiquer dans le respect, selon Gusty Graas. “Il n’est pas bon pour le Luxembourg que le dialogue social soit rompu.” Les partenaires sociaux devraient se rasseoir autour d’une table. À ce stade, selon l’élu DP, il ne faut pas encore évoquer une tripartite. En revanche, “si la situation devait se détériorer jusqu’à un certain point, je suis convaincu qu’une tripartite aura lieu,” assure l’élu libéral.

Situation géopolitique grave

Gusty Graas est le président de la commission parlementaire des Affaires étrangères. La situation liée à la guerre avec l’Iran, qui s’ajoute désormais à la crise du Covid et à la guerre en Ukraine, est qualifiée par le député de “très grave”.

Un embrasement généralisé serait en train de se produire, non seulement pour la paix mondiale, mais aussi pour l’économie mondiale”. Selon lui, “l’Iran était préparé aux attaques” américano‑israéliennes et ne renoncera pas maintenant. Il faut absolument éviter une offensive terrestre, que les États‑Unis envisageraient apparemment, souligne Gusty Graas.

Le président américain Donald Trump “fait pression sur ses partenaires de l’OTAN, ce qui est inacceptable”. Par ailleurs, ni lui ni Benyamin Netanyahou n’ont informé qui que ce soit de leurs plans. Ils ne doivent pas impliquer l’OTAN ni l’Union européenne dans cette guerre.

Suppression du principe d’unanimité au sein de l’UE et élections en Hongrie

Malheureusement, l’Union européenne est extrêmement fastidieuse dans son fonctionnement. On l’a encore constaté récemment, lorsque Viktor Orbán a bloqué à lui seul un prêt important de plusieurs milliards destiné à l’Ukraine. Selon Gusty Graas, il faudrait avant tout abolir le principe de l’unanimité en matière de politique étrangère. “Si nous ne parvenons pas à le modifier afin de pouvoir, à l’avenir, prendre des décisions à la majorité qualifiée, l’Union européenne aura encore beaucoup plus de mal à agir et nous perdrons de l’autorité sur la scène internationale”, a déclaré très clairement le député du DP.
En ce qui concerne la Hongrie, il ne serait pas “mécontent” si Péter Magyar remportait les élections du 12 avril face à Viktor Orbán.

Dans le cadre d’un programme de l’OSCE, deux députés luxembourgeois seront en Hongrie pour observer le scrutin : Gilles Baum (DP) et Claude Haagen (LSAP). Gusty Graas ne veut pas suspecter d’irrégularités de la part de Viktor Orbán. “Mais beaucoup de choses sont possibles dans ce pays. C’est pourquoi on ne peut qu’espérer que tout se déroulera dans les règles lors des élections en Hongrie”, a conclu Gusty Graas.

Visite spéciale en Mongolie

Le président de la commission parlementaire des Affaires étrangères vient de rentrer d’un voyage en Mongolie, effectué avec quatre autres députés. Il s’agissait d’un voyage extrêmement intéressant, selon Gusty Graas. Le Luxembourg entretient des relations diplomatiques avec la Mongolie depuis 50 ans et une coopération depuis 25 ans. Malgré cela, ce déplacement revêtait un caractère particulier pour le député, en raison de la crise gouvernementale actuellement en cours dans le pays. Le Premier ministre a été destitué et remplacé depuis. Un ou plusieurs ministres devraient également être remplacés, selon Gusty Graas. Indépendamment de ce fait, il s’agissait d’une mission très importante. Un projet en particulier a pu être analysé en détail par la délégation luxembourgeoise : un hôpital destiné aux patients cardiaques. La visite a permis de confirmer l’importance de la coopération, a expliqué le député libéral.

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