
Avez-vous déjà vu chez nous la série sur le Service Logement de la Ville de Luxembourg ? La réalisatrice Anne Schiltz montre, en huit épisodes, la réalité de la crise du logement au Luxembourg. Elle a accompagné le Service Logement avec sa caméra.
Deux épisodes ont été projetés mercredi au Luca, le Luxembourg Center for Architecture, avant la table ronde consacrée au logement. Lors de celle‑ci, il a notamment été dit qu’au moins au Luxembourg, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter pour l’argent. C’est ce qu’a affirmé Antoine Paccoud, chercheur au LISER. Il faisait bien sûr référence aux finances publiques. L’État investit des sommes considérables dans le logement au Grand-Duché, mais personne n’en est conscient, parce que l’argent ne va pas aux bons endroits.
“L’argent vient soutenir en fait la flambée des prix et enrichir ceux qui sont déjà riches. Mais il suffirait de rediriger une partie de cet argent pour avoir une manne financière vraiment, vraiment importante. Il faut souligner que les dernières années, le gouvernement a quand même investi plus dans des choses pérennes, dans l’acquisition de terrains, dans l’acquisition de logements pour les rendre locatifs et à des prix abordables. Donc ça, c’est bien. Mais il y a quand même toute une énorme partie de cet investissement pour le logement qui cible les mauvaises personnes et qui n’est pas utilisé vraiment pour résoudre le problème, mais plutôt pour entretenir un électorat.”
Céline Zimmer est également chercheuse et architecte. Elle partage l’avis d’Antoine Paccoud et selon elle, les solutions existent. Toutefois, un effort collectif est nécessaire : “En tant que résidents, mais aussi en tant que personnes qui vont aller voter, pour se dire OK, on va vraiment prendre ce problème comme quelque chose qui est très, très concret. Mais enfin, la crise elle peut être atténuée, et on va maintenant voter pour les politiciennes et les politiciens qui prennent les choses en main réellement.”
Pour le moment en tout cas, aucune solution immédiate ne se profile. En 2024, plus de 1. 000 demandes ont été adressées au Service Logement de la Ville de Luxembourg et 52 logements ont été attribués. Les missions du Service vont toutefois bien au‑delà, et afin de permettre au public de mieux comprendre son travail, le Service Logement a décidé de participer au projet d’Anne Schiltz.
Cette dernière a raconté comment elle a travaillé sur cette série. “Les employés du service, j’ai pu faire leur connaissance, prendre le temps, faire une semaine ou deux d’immersion dans le service avant le tournage, par contre les gens que j’allais filmer, je ne savais pas qui [ils étaient], je ne les connaissais pas, donc ça c’était sur le tournage la plus grande partie finalement de mon travail, c’était d’expliquer qui j’étais, ce que j’avais en tête avec cette série.”
Une chose devient évidente lorsqu’on regarde les épisodes : le travail du Service Logement est par moments extrêmement difficile. C’est pourquoi Anouck Speltz, responsable du Service Logement, a été interrogée par le public sur ce point : comment elle et son équipe parviennent‑elles à rester toujours motivées.
“Je dois dire qu’on est une très bonne équipe, donc on s’entend bien et on parle beaucoup. Donc si quelqu’un revient du terrain, s’il y a des choses qui étaient un peu lourdes, on en discute, on en parle, on essaye de trouver des solutions ensemble. Et je pense que là, on retrouve un petit peu la motivation pour continuer”, dit la responsable du Service Logement de la Ville de Luxembourg.