Chambre des métiersUn tiers des entreprises artisanales touchées par un manque de personnel

RTL Infos
Le secteur de la construction serait particulièrement concerné par le manque de personnel. De nombreuses entreprises de ce secteur devraient également adapter leurs prix.
© AFP (archive)

Au Luxembourg, les entreprises artisanales se sentent prises entre le marteau et l‘enclume, selon leur propre expression. La Chambre des Métiers a réalisé une enquête de conjoncture qui montre clairement qu’avec l’inflation élevée, la pénurie de matériaux et le manque de personnel qualifié, le moral n’est pas très bon.

Comme il fallait s’y attendre, la guerre en Ukraine a aussi des conséquences négatives sur les activités dans l’artisanat au Luxembourg. Les entreprises se sentiraient en insécurité car il ne serait pas possible de prévoir comment évoluera la situation dans les mois à venir. L’incertitude est toxique pour l’économie. Les entreprises manquent d’une sécurité de planification. Il faut ajouter que de nombreuses entreprises subiraient toujours des répercussions de la pandémie. Le Covid-19, ce ne serait pas terminé. Un certain nombre d’entreprises doivent encore faire face à des arrêts maladie, alors qu’elles étaient déjà impactées par un manque de personnel avant la crise sanitaire.

Près d'un tiers des entreprises artisanales fonctionnent au ralenti parce qu'elles ne trouvent pas suffisamment de personnel. Le manque de personnel qualifié aurait existé avant la pandémie de coronavirus, mais cette dernière l'aurait aggravé, écrit la Chambre des métiers dans une note. Ce sont surtout les entreprises du secteur du bâtiment qui indiquent qu'elles ne trouvent pas assez de personnel. Ce secteur serait aussi le plus touché par le manque de matériaux.

La guerre en Ukraine et les mesures de confinement en Asie ont encore aggravé la pénurie de certains matériaux. Entraînant dans certains cas une flambée des coûts ainsi qu’une forte volatilité des prix, ce qui n’est guère gérable pour les entreprises, selon la Chambre des Métiers. Difficile d’établir des devis dans un contexte aussi volatil. Des prix d’achat plus élevés impliquent tôt ou tard des prix plus élevés.

Au premier trimestre 2022, 51% des entreprises auraient indiqué avoir augmenté leurs prix. 64% le prévoiraient au deuxième trimestre. Même si la pénurie de matériaux concerne tous les secteurs de l’artisanat, ses répercussions pourraient remettre en question la survie de certaines entreprises de construction. "C’est notamment le cas lorsque les engagements pris dans un marché public lors de la remise de l’offre ne sont plus tenables par l’entreprise ayant remporté le marché à cause des hausses extraordinaires des prix de certains matériaux," écrit la Chambre des Métiers dans son communiqué. C’est en ce sens que le gouvernement a publié une communication fin mars qui prévoit la possibilité "exceptionnelle et temporaire" de modifier un marché pour prendre en compte l’évolution des prix. Il est également recommandé aux adjudicateurs de ne pas appliquer de pénalités de retard si ce dernier est imprévisible.

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