
Mardi, Yuriko Backes a prononcé son premier discours en tant que ministre des Finances et ce, dans le cadre d'une conférence sur les prochaines étapes d'une réforme fiscale internationale. L'objectif est un taux d'imposition minimum transfrontalier pour les entreprises. La réforme fiscale de l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques, est constituée de deux piliers. D'une part, les grandes entreprises réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 20 milliards d'euros par an devraient remettre un quart de leur bénéfice annuel au marché du pays dans lequel elles sont actives commercialement. D'autre part, un taux d'imposition minimum de 15 % devrait être fixé internationalement. Et ce afin d'éviter que des entreprises puissent profiter de systèmes où le taux d'imposition est proche de 0%. Le Luxembourg profiterait également de cette mesure, comme l'explique le directeur du Centre de politique et d'administration fiscales de l'OCDE, Pascal Saint-Amans:
"Mais ce qui est vraiment l’enjeu c’est le fait que les économies vont pouvoir se faire de la concurrence sur l’offre de la sécurité juridique, sur la qualité des travailleurs, sur le positionnement de leur place financière plutôt que sur essayer de faire le moins-disant fiscal. Et le Luxembourg a de nombreux arguments en faveur d’un investissement, qui ne sont pasfiscaux. Et donc en fait en mettant un plancher à 15%, on favorise les pays qui taxent, comme le Luxembourg."
Ce serait une bonne opportunité pour donner plus de poids à de petites économies comme le Luxembourg et peut-être aussi une image plus positive. Le Luxembourg n'aurait pas toujours été un élève modèle. La résolution des scandales financiers serait par conséquent importante, selon Pascal Saint-Amans:
"Le Luxembourg a encore une image qui est négative à cause de cette histoire. Mais l’histoire, elle a changé. Le Luxembourg depuis huit ans maintenant a décidé de changer radicalement son approche. La fin du secret bancaire, vous vous souvenez peut-être. C’était le sujet très fort qui provoquait beaucoup d’émotion et beaucoup de colère chez certains. Mais la place financière n’a pas disparu, elle s’est renforcée."
Pascal Saint-Amans affirme encore que le gouvernement de Xavier Bettel aurait bien réagi et mis en oeuvre les régulations nécessaires. En ce qui concerne les entreprises, il faudra voir l'impact de la réforme fiscale.
Les entreprises disposeraient encore d'un peu de temps pour s'adapter. On ignore encore l'impact qu'aura sur elles un ajustement. Il serait cependant bon que certains processus soient reconsidérés, dit le directeur de l'Union des Entreprises luxembourgeoises, Jean-Paul Olinger.
"Les taxes, elles sont fixées dans chaque pays. On tente maintenant ici de mettre en place de nouvelles règles du jeu équitables, à savoir accroître l'harmonisation des taxes dans les différents pays. Avant, chaque pays s'intéressait davantage à sa souveraineté, aujourd'hui, ils s'intéressent plus à l'harmonisation, les entreprises paient des impôts en fonction des bénéfices qu'elles réalisent, et les impôts sont certainement équitables."
Tout serait mis en œuvre pour se conformer rapidement aux exigences de l'OCDE, a ajouté la nouvelle ministre luxembourgeoise des Finances, Yuriko Backes, pendant la conférence. Cette dernière a toutefois refusé à RTL une interview après la conférence de presse.

Le reportage de nos collègues de RTL en luxembourgeois avec des interventions en français: