Rapport sur la pauvreté"Au Luxembourg, on a du mal à dire qu'on va mal"

Claudia Kollwelter
adapté pour RTL Infos
Outre la lutte contre les causes de la pauvreté au Luxembourg, il faut également faire tomber les barrières de la discrimination et de la stigmatisation, beaucoup de personnes n'osent effectivement pas avouer qu'elles sont en difficulté.
© Seventyfourimages

Au Luxembourg, un enfant sur quatre est considéré comme pauvre. Ce n’est pas une découverte récente, mais ce constat a été une nouvelle fois mis en évidence dans un rapport récent de l’UNICEF (Rapport Innocenti n° 20). Et ce, malgré un manque considérable de données concernant le Grand-Duché.

44 pays ont été analysés dans ce rapport, toutefois, le classement ne concerne que 37 d'entre eux, les données relatives aux autres pays, dont le Luxembourg, étant incomplètes. Paul Heber, de l'Unicef Luxembourg, explique que ce n'est pas parce que les données ne sont pas disponibles que les problèmes n'existent pas.

Il était simplement plus difficile d’évaluer la situation: "Ce que nous savons, et ce qu’il est également important de comprendre, c’est que les inégalités dont nous parlons vont bien au-delà de la simple question d’argent. Elles affectent l’espace de vie, l’accès aux activités des enfants, l’environnement scolaire, la santé mentale, mais aussi les opportunités dont disposent les enfants dans leur vie quotidienne".

Le Luxembourg dispose pourtant des moyens de collecter des données, souligne Paul Heber: "je pense aussi qu’au Luxembourg, nous avons du mal à avouer que nous avons réellement des problèmes. Nous venons traditionnellement d’un milieu où l’on dit que tout va bien au Luxembourg, mieux qu’ailleurs. Et je pense que lorsque l’on vient de ce milieu, on a plus de mal à admettre que ces choses doivent changer".

Stigmatisation, discrimination

La richesse d’un pays ne garantit pas automatiquement que ses enfants se portent bien. Parmi les facteurs importants, on peut citer, par exemple, les conditions de travail des gens: "un salaire équitable, un congé parental suffisant, tout cela a un impact énorme. Nous l’avons également souligné dans notre rapport sur la pauvreté infantile au Luxembourg. Le bien-être des enfants dépend de l’implication des parents auprès d’eux, du temps que les parents leur consacrent ; ce n’est tout simplement pas si simple dans une société moderne. Mais il y a là aussi un grand potentiel. Cela implique naturellement aussi l’accès aux crèches et aux structures d’accueil, qui jouent un rôle important. Cela non plus n’est pas surprenant. Nous savons, et je ne pense pas que cela soit surprenant au Luxembourg non plus, à quel point des investissements supplémentaires dans le logement abordable sont importants".

Il est tout aussi important de faire tomber les barrières de la discrimination et de la stigmatisation: "beaucoup de personnes touchées par ce problème sont en quelque sorte perçues comme si elles cherchaient à en tirer profit. Il faut aussi un changement d’attitude, car admettre que l’on est en difficulté, que l’on n’arrive pas à joindre les deux bouts, puis franchir le pas pour demander de l’aide, c’est déjà assez difficile comme ça. Et si, en plus, on vous perçoit comme quelqu’un qui cherche à profiter de l’État ou d’autres personnes, cela devient très vite extrêmement difficile".

En résumé, le message principal du rapport touche surtout les plus jeunes, selon Paul Heber, de l'Unicef Luxembourg: "tous les enfants devraient avoir les mêmes chances, quelle que soit leur origine sociale !"

Le Rapport complet est disponible sur le site de l'Unicef Luxembourg.

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