
Dans vingt mois, lors des élections législatives d'octobre 2023, la coalition gouvernementale (DP-LSAP-déi Gréng) sera jugée sur sa deuxième législature et surtout sa gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19. Les partis au pouvoir, tout comme les partis d'opposition (CSV, adr, Piraten, déi Lénk) savent déjà que la donne sera chamboulée.
À cause de la pandémie, des restrictions qui y sont liées, mais aussi parce-que d'autres acteurs vont bousculer l'échiquier. En coulisses, un nouveau parti qui pourrait peser, est sur le point d'être créé. Le suspense est entretenu sur son nom, ses ambitions et ses acteurs. Ils seront dévoilés après les vacances de carnaval qui s'achèveront le 20 février.
La création de ce nouveau parti était annoncée depuis dix mois sous la forme d'un "challenge de taille" par Frank Engel, ancien président du CSV (principal parti d'opposition) et ancien eurodéputé. Le "poids lourd" du CSV -acquitté en décembre dans l'affaire du"CSV Frëndeskrees" et de son présumé emploi fictif- avait rendu sa carte de membre en avril et aussitôt fait savoir qu'il était prêt à fonder un nouveau mouvement politique car "les soucis des gens continuent de m'intéresser".
La nouvelle a été confirmée il y a un mois sur RTL par son acolyte, Marc Ruppert. L'ancien secrétaire général du DP (le parti de Xavier Bettel) et ancien président du DP à Luxembourg-Ville avait alors expliqué vouloir "créer quelque chose de nouveau avec Frank Engel, en se basant sur d'autres accents politiques". Dans son interview à RTL, Marc Ruppert avait indiqué que "les gens aimeraient que les valeurs citoyennes soient valorisées et finalement respectées et qu'on s'attaque aux sujets comme le climat, le logement, la mobilité, la compréhension de la démocratie, qui n'ont pas disparu avec le Covid, au contraire. C'est ce que nous voulons essayer de faire".
Il avait précisé ce que signifiaient les "valeurs citoyennes" en parlant de solidarité, responsabilité, respect mutuel et de "libertés individuelles", celles qui font descendre dans la rue les manifestants anti mesures sanitaires depuis décembre. Et rétorqué qu'il ne s'agira pas d'un parti de droite.
Un peu plus tôt, en janvier, Gary Kneip, ancien président du Conseil économique et social et ancien président de la Confédération luxembourgeoise du commerce avait fait savoir via un post sur Facebook qu'il faisait bien partie de l'aventure après avoir rendu sa carte de membre du DP fin 2021. Il avait alors lâché que le nouveau parti "serait différent des structures desquelles nous émanons, davantage tourné vers une démocratie de la base, plus digitale, avec une forte référence à la solidarité au sein de la société et à l'engagement citoyen".
Marc Ruppert entretient le suspens. Ce lundi matin, il fait savoir via Twitter que Luc Majerus (déi Gréng) "monte à bord". Du coup, le nouveau parti, va pouvoir étoffer son volet "climat".
Dans une courte missive, le conseiller communal vert d'Esch-sur-Alzette annonce qu'il ne renouvellerait pas sa carte du parti et qu'il cèderait "cette année encore" son mandat. Luc Majerus quitte les Verts "pour rejoindre le nouveau parti autour de Frank Engel et Marc Ruppert".
Son choix est motivé par le fait que "malheureusement, les Verts ont, par leur implication au gouvernement, abandonné nombre de leurs principes". Il explique qu'il a "toujours été particulièrement important pour lui que l'Homme et la nature ne soient pas victimes d'une croissance incontrôlée". Il veut mettre son énergie à profit en faveur d'une "croissance plus contrôlée" et d'une "politique environnementale durable et surtout crédible".
Au conseil communal d'Esch, la coalition CSV-déi Gréng-DP conservera ses 11 sièges (sur 19 conseillers). Dans l'ordre des résultats des dernières élections législatives de 2017, c'est Cathy Pastoret qui devrait prendre le siège laissé vide par Luc Majerus.
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