Enquête vs ressenti sur le terrainLes violences envers les policiers ont-elles augmenté au Luxembourg ?

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
Les policiers estiment être plus souvent agressés. Il apparaît toutefois que la perception des policiers n’est pas corroborée par les statistiques. L’IGP en conclut que de nombreux cas ne sont tout simplement pas signalés.
La police à Luxembourg-ville
La police à Luxembourg-ville
© Marc Hoscheid

Les violences à l’encontre des policiers sont‑elles en hausse ? C’est la question à laquelle l’Inspection générale de la police a cherché à répondre dans une enquête commandée par le ministre des Affaires intérieures Léon Gloden. Les résultats ont été présentés mercredi après‑midi à la commission compétente de la Chambre, et la réponse est nuancée.

Il existe en effet un écart entre les chiffres et la perception des agents. D’un point de vue strictement statistique, le nombre d’outrages, de rébellions à agent et de refus de coopérer n’a globalement pas augmenté davantage que la population sur la même période. Mais parmi les près de 400 policiers ayant répondu à l’enquête, une large majorité estime que, ces cinq dernières années, les relations entre la police et les citoyens se sont globalement détériorées et que les violences à l’encontre des agents ont augmenté.

Pascal Jann, de l’IGP, avance une explication possible à cet écart : "Il existe en effet une règle de service au sein de la police selon laquelle, lorsqu’un policier est lui‑même victime d’une infraction, un autre service doit être appelé pour établir le procès‑verbal, en raison du principe d’impartialité. Cela signifie que les policiers semblent parfois hésiter à faire venir spécialement des collègues d’un autre commissariat pour constater les faits."

De nombreux agents seraient également d'avis que les auteurs ne sont de toute façon pas traduits en justice ni sanctionnés. L’IGP a donc aussi examiné le suivi juridique et il s'avère que, dans plus de la moitié des cas, il n’y en a pas du tout. Lorsqu’il existe, il aboutit généralement à une sanction.

Concernant le profil des auteurs, on constate qu’il s’agit avant tout d’hommes et que la proportion de non‑résidents varie, selon l’infraction, entre 30 % et 50 %. L’IGP ne dispose toutefois pas de détails sur la nationalité des auteurs. C'est là qu'a eu lieu un échange d'amabilités entre le ministre des Affaires intérieures, qui a reproché au député ADR Tom Weidig un discours d’extrême droite, ce dernier accusant en retour Léon Gloden de reprendre à son compte des positions d’extrême gauche.

L’Inspection générale de la police propose notamment d’augmenter certaines sanctions pour violences envers les policiers et de mieux informer les agents sur le fait qu’ils peuvent bénéficier d’un soutien juridique.

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