Dans le pire des casLe Luxembourg sera en récession et trois index tomberont

François Aulner
Jeannot Ries
traduit pour RTL Infos
Le gouvernement a rencontré les partenaires sociaux pour une première entrevue de préparation en vue de la Tripartite, mardi au Centre de conférences de Kirchberg.
© SIP / Sophie Margue

Si la guerre en Iran se prolongeait et que le détroit d'Ormuz devait rester fermé jusqu'en septembre, le risque de récession serait réel au Luxembourg, et trois tranches d'indice seraient versées d'ici septembre 2027.

Voilà quelques-unes des données présentées par Statec lors de la première entrevue entre partenaires sociaux pour préparer la Tripartite. Le gouvernement avait invité plusieurs représentants des syndicats et des organisations patronales à cette première réunion afin de faire le point sur la situation.

Deux scénarios sont possibles : A) la guerre en Iran se termine ce mois-ci ; B) elle se poursuit jusqu’en septembre. Pour le président de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), le second serait évidemment le plus réaliste. Dans ce cas, après la tranche d’indexation de ce mois de juin 2026, une autre suivrait en septembre, puis une autre encore en septembre 2027. Ce serait "un peu effrayant", selon Michel Reckinger, président de l'UEL, qui s’attend à des mesures pour "atténuer" l’impact de l’inflation.

Concernant la forte inflation, le Premier ministre a réaffirmé une nouvelle fois que l’index est gravé dans le marbre. Interrogé pour savoir si cette déclaration excluait un report de tranche ou des mesures compensatoires, Luc Frieden n'a répondu à la question.

À la question de savoir si l’objectif de la tripartite était également de freiner l’inflation, le Premier ministre a répondu par la négative. L’objectif serait plutôt d’"observer les conséquences pour les particuliers et les entreprises". Cependant, après la guerre en Ukraine, des mesures avaient été prises pour freiner la hausse des prix de l’énergie. Luc Frieden a alors précisé : "Je n’étais pas en politique en 2022, c’est pourquoi j’ai évoqué les priorités actuelles."

Le pouvoir d'achat n'est pas thématisé

La crise énergétique actuelle ne peut être considérée isolément, a déclaré Patrick Dury, président du LCGB. Il a évoqué les crises successives de ces dernières années, mais aussi la pénurie de logements et le chômage, qui affectent non seulement la population, mais aussi le fonctionnement de l'économie.

De même que Nora Back, présidente de l'OGBL, il a affirmé qu'il était prématuré de parler de solution ou d'accord. Le Premier ministre a également indiqué qu'il restait trois semaines pour analyser et digérer les chiffres et formuler ensuite des propositions de réponse à la crise.

Aucune nouvelle donnée n'est apparue sur le pouvoir d'achat ou les finances publiques. Pourtant, ces chiffres ne sont-ils pas indispensables pour avoir une vision complète et préparer des mesures? Luc Frieden a répondu : "Je pense que nous avons déjà reçu beaucoup d'informations et de chiffres aujourd'hui." Statec s'est toutefois engagée à répondre aux demandes des partenaires sociaux.

Nora Back a également indiqué qu'un point de désaccord avec Statec n'avait pas encore été abordé : la nouvelle méthodologie de calcul du revenu médian, et donc la référence pour le calcul du salaire minimum.

Produits pétroliers au Luxembourg : bon marché malgré une dépendance totale

L'approvisionnement énergétique, ainsi que celui des engrais, est l'autre axe prioritaire de la réunion tripartite selon le Premier ministre. Parmi les points intéressants de la présentation du commissaire à l'énergie, on retrouve des évidences : le Luxembourg ne possède ni production, ni raffinerie de pétrole et importe 100 % de ses produits finis, dont la moitié en provenance de Belgique, principalement par voie routière. Concernant le gaz, le Luxembourg dépend à 90 % des importations. Les produits pétroliers représentent 60 % de la consommation énergétique totale.

Mais les prix à la pompe sont inférieurs à ceux de tous nos pays voisins et à la moyenne de l'UE. L'État déploie déjà des efforts considérables pour maintenir les prix bas. Cela est particulièrement visible dans le cas de l'électricité : sans participation aux coûts du réseau, elle serait bien plus chère pour les particuliers et les entreprises.

Après la réunion de mardi, une pause de trois semaines est prévue avant la prochaine réunion tripartite. D'ici là, chaque partie peut proposer des mesures.

Les chiffres de Statec et le bilan du ministère de l'Énergie sont disponibles sur le site internet du ministère d'État.

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