Agression mortelle à Esch"Un drame familial épouvantable, à commenter avec prudence"

RTL Infos
Un drame s'est produit le matin du Nouvel An à Esch-sur-Alzette: un homme est décédé après avoir été poignardé par deux mineurs, l'un étant son fils et l'autre son beau-fils.
© Domingos Oliveira

"Il s'agit d'un drame familial épouvantable, à commenter avec prudence", a dit vendredi sur RTL Charel Schmit, le défenseur des droits des enfants et des adolescents, à propos du terrible fait-divers survenu à Esch-sur-Alzette le jour de l'an. Pour rappel, deux demi-frères âgés respectivement de 16 et 15 ans sont suspectés d'avoir poignardé mortellement leur père respectivement beau-père le 1er janvier. Selon Charel Schmit, l'Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher, il est important, du point de vue des droits de l'enfant, de se demander quelles personnes sont encore impliquées et si certaines ont besoin d'une protection en tant que victime.

© Bakir Demic

Cette affaire montre cependant à nouveau que le système judiciaire luxembourgeois n'est pas armé pour de tels cas et qu'il y a un manque de chiffres, déplore l'Okaju. Depuis une demi-douzaine d'années, la police ne publie plus de statistiques sur la délinquance juvénile. Par conséquent, il ne faut pas tirer de conclusions hâtives sur des tendances en matière de comportement criminel. Alors que le parquet indique que dans 95% des cas, les jeunes délinquants ne sont pas incarcérés, Charel Schmit note que les adolescents sont aussi capables de commettre des actes très violents.

Ce qui est toutefois évident, c'est que les mineurs ne relèvent pas d'une prison pour adultes, insiste le défenseur des droits des enfants et des adolescents:

"Avec tous les acteurs du secteur des droits de l'homme et de l'enfant au Luxembourg, nous partageons depuis des décennies la critique selon laquelle aucun enfant, aucun mineur ne relève de la prison pour adultes. Cette infrastructure n'est pas adaptée. Elle n'est pas prévue pour cela. Il s'agit en fait d'un scandale qui persiste, qui s'est normalisé, que nous avons accepté mais qui ne peut être accepté." 
 
Dans le cas concret du drame survenu à Esch, selon le parquet, le suspect âgé de 16 ans a dû être placé au centre pénitentiaire de Schrassig, parce que l'enquête exigeait une séparation physique des deux demi-frères. Cela, Charel Schmit peut le comprendre. Mais il critique vivement le pouvoir politique parce qu'il n'existe toujours ni cadre juridique adéquat ni infrastructure appropriée pour éviter cela.
 
Après un rapport très critique du défenseur des droits des enfants et des adolescents et de la médiatrice Claudia Monti en 2022, les équipes de l'Unité de sécurité à Dreiborn ont fait de gros efforts. L'infrastructure a également été adaptée. Les changements fondamentaux nécessaires doivent cependant être décidés et mis en oeuvre en-dehors des murs de Dreiborn, souligne Charel Schmit.

La réforme de la protection des mineurs et l'introduction d'un droit pénal pour mineurs sont attendues depuis des années. L'Okaju espère que le texte sera finalisé cette année. Dans ce cadre, il faudra aussi une véritable prison pour mineurs, dont il y a un besoin urgent. Charel Schmit rappelle toutefois en se référant à la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, que pour les délinquants mineurs, la prison ne doit être la sanction que lorsqu'il n'y a pas de mesure alternative.

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