Comprendre Alzheimer autrementUn chercheur luxembourgeois fait espérer un traitement

Chris Meisch
adapté pour RTL Infos
À une époque où de plus en plus de personnes souffrent de maladies neurodégénératives, comme par exemple la maladie d’Alzheimer, l’espoir placé dans de nouvelles formes de thérapies ne cesse de grandir.
© KATERYNA KON/SCIENCE PHOTO LIBRA/Science Photo Library via AFP

Le neuroscientifique Michael Heneka, directeur du Luxembourg Centre for Systems Biomedicine à l’Université du Luxembourg, joue un rôle clé dans ce domaine de la recherche. Il a été récompensé par le Grand Prix Européen de la Fondation Recherche Alzheimer pour ses travaux sur le rôle des processus inflammatoires dans le cerveau dans la maladie d’Alzheimer. Ses recherches contribuent à transformer en profondeur la compréhension de cette maladie.

Au cœur des travaux du professeur Michael Heneka se trouve une approche qui a fortement modifié la recherche sur Alzheimer ces dernières années : le rôle des processus inflammatoires dans le cerveau, également appelés neuro‑inflammation. Au lieu de se concentrer uniquement sur des protéines telles que l’amyloïde, Michael Heneka met l’accent sur l’interaction entre les cellules nerveuses et le système immunitaire.

“J’ai reçu ce prix, évidemment avec l’ensemble des collaborateurs qui y ont contribué au fil des années, parce que nous avons élargi la compréhension du fait que le système immunitaire et le système nerveux interagissent d’une manière qui fait progresser la maladie. Il ne s’agit donc pas uniquement d’une maladie qui se développe au sein de la cellule nerveuse elle‑même : le système immunitaire, et plus précisément les cellules immunitaires du cerveau, y participent et contribuent à l’évolution de la maladie.

Cette découverte conduit aujourd’hui à ne plus considérer Alzheimer uniquement comme une maladie isolée des cellules nerveuses, mais comme une interaction complexe entre le système nerveux et le système immunitaire. Pour la recherche, cela représente un changement de perspective majeur. De nouvelles approches thérapeutiques peuvent désormais cibler de manière spécifique les réactions inflammatoires dans le cerveau et ainsi ralentir l’évolution de la maladie.

“Nous avons identifié une voie de transduction du signal, c’est‑à‑dire, en quelque sorte, le mécanisme par lequel un signal est transmis de la surface de la cellule jusqu’à son noyau pour dire : “Il y a un danger !” Nous avons identifié ce signal de danger ainsi que la voie qu’il emprunte, et cette année, les premiers essais cliniques débutent avec des médicaments développés afin d’interrompre cette voie de signalisation.

Den Neurowëssenschaftler Michael Heneka
© Chris Meisch

Cette approche fait espérer que des médicaments et des traitements plus efficaces pourront être développés à l’avenir, qui ne se contenteront pas de traiter les symptômes, mais s’attaqueront directement au mécanisme de la maladie. La découverte que les mécanismes inflammatoires jouent un rôle dans la maladie d’Alzheimer aide au diagnostic et, plus généralement, à la protection des patients.

“Nous savons que des personnes âgées qui connaissent un déclin cognitif tout à fait normal peuvent être entraînées dans la maladie d’Alzheimer lorsqu’elles subissent de fortes infections, des pneumonies ou de lourdes interventions chirurgicales, et il serait peut‑être possible de les protéger dès ce stade. Mais, de manière générale, tous les patients qui sont en train de développer une maladie d’Alzheimer pourraient potentiellement bénéficier de tels médicaments.

Il y a quelques années, les chercheurs ont découvert que la maladie d’Alzheimer ne débute pas avec l’apparition des premiers troubles de la mémoire à court terme, mais déjà des décennies avant, sans que les personnes concernées ne s’en rendent compte. Les scientifiques sont convaincus que la maladie d’Alzheimer commence souvent dès l’âge de 30 à 40 ans.

“Et c’est précisément durant cette phase d’invisibilité clinique que se situent, selon nous, des moments clés : des processus se produisent dans le cerveau et des mécanismes s’activent, qui constituent de très bonnes cibles thérapeutiques. Si l’on pouvait intervenir très tôt à ce stade, il serait probablement possible d’influencer de manière décisive l’évolution de la maladie.”

La pollution de l’air, le diabète, la nicotine ainsi qu’une consommation excessive d’alcool augmentent également le risque de développer la maladie d’Alzheimer. Une activité physique et sportive régulière permet de faire baisser la tension artérielle et le taux de cholestérol, et peut contribuer à réduire le risque d’Alzheimer. Une alimentation équilibrée, l’activité mentale et les contacts sociaux jouent également un rôle important pour lutter contre le déclin des capacités cognitives.

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