
Quels partis seront invités aux tables rondes? Pendant combien de temps une personnalité politique pourra-t-elle s'exprimer sur un sujet défini? Dans quel ordre seront diffusés les spots électoraux? Autant de questions qui suscitent toujours de nombreuses discussions avant des élections.
Jusqu'en 2018, c'était le service de presse du gouvernement qui encadrait la campagne électorale audiovisuelle et tranchait en cas de doute. Un service gouvernemental n'étant pas vraiment impartial, cette tâche a été transférée à l'ALIA, l'Autorité luxembourgeoise indépendante de l’audiovisuel. En 2019, l’ALIA était déjà responsable des élections européennes, mais il manquait un cadre légal à sa mission. Depuis un projet de loi a été rédigé, qui doit réglementer la surveillance de la campagne électorale, mais avec lequel l'ALIA a des difficultés.
Le président de l'ALIA, Thierry Hoscheit: "Nous trouvons qu'il est formulé de manière trop vague pour que nous ayons ensuite en main les outils nécessaires pour pouvoir intervenir au jour le jour pendant la campagne électorale. Car c'est ce qui doit se passer. Une campagne électorale, c'est une période limitée de quelques semaines. Là nous devons pouvoir intervenir au jour le jour si quelque chose dérape."
L'ALIA salue le fait que son travail va recevoir un cadre légal, mais regrette que le projet de loi ne prévoie pas les moyens nécessaires à cela. Ce n'est qu'avec un personnel suffisant et avec le budget correspondant, que l'ALIA pourrait veiller à ce que chaque parti puisse présenter son opinion de manière équitable dans les médias pendant la campagne. L'ALIA n'a pas encore établi les critères qui devront être appliqués au quotidien pour cet accès équitable aux médias. Le cadre légal doit d'abord être défini, ensuite seulement les détails, selon Thierry Hoscheit.
Dans son avis, l’ALIA pose aussi la question de savoir si elle ne doit pas contrôler en permanence, c'est-à-dire aussi hors campagne électorale, la présence équitable des partis à l'antenne. "Ce n'est pas nécessairement une revendication formelle que nous exprimons, mais nous aimerions que les gens de l'extérieur se posent la question [de savoir] si c'est nécessaire. Au niveau politique aussi, il faut se poser la question de savoir si on va le faire, doit le faire, peut le faire pour qu'on en discute ouvertement", explique Thierry Hoscheit.
A cette heure, le gouvernement, via son service des médias et des communications, n'a pas souhaité s'exprimer sur ces réflexions de l'ALIA. La Commission des Médias de la Chambre des députés ne s'est pas encore penchée non plus de manière très intensive sur le sujet.
Le reportage en luxembourgeois de nos collègues de RTL: