
Hinzert était un camp de concentration dirigé par la SS et situé près de Trèves en Allemagne, où un grand nombre de Luxembourgeois ont été internés pendant la deuxième guerre mondiale. Après la guerre, le camp de concentration de Hinzert a été rasé et des parties du camp ont été vendues.
A partir du 1er mars, les vestiges d’un baraquement du camp seront intégrés à une nouvelle exposition permanente du Musée national de la résistance et des droits humains d’Esch, fraîchement rénové. C’est la fin provisoire d’une longue odyssée.
Dans les années 50, des parties du baraquement de la prison ont été transportées au Luxembourg pour y être exposées, mais le projet ne s’est jamais concrétisé et elles ont été vendues à un entrepreneur en 1953. Un certain nombre d’années plus tard, un autre baraquement a été découvert, comme l’explique Elisabeth Hoffmann, historienne au Musée d’Esch:.
“En 1980 est apparu un autre baraquement du camp de Hinzert et au début, on a cru que c’était le baraquement de la prison. Mais il s’est avéré dans les années 90 que vu les dimensions, il ne pouvait pas s’agir du baraquement de la prison. C’est pourquoi il a été supposé que c’était probablement un bureau, c’est-à-dire un baraquement administratif, où les détenus devaient par exemple, écrire les numéros des prisonniers et effectuer les tâches administratives.”
Il n’est toutefois pas encore clairement établi qu’il s’agissait réellement d’un bureau. Ce que l’on sait, c’est que le baraquement a été trouvé dans les environs de Steinfort. En 1988, il a été classé monument national par le ministre de la Culture de l’époque, Robert Krieps, qui avait lui-même été emprisonné à Hinzert. Cependant, le projet était plutôt controversé.
“Il a alors été dit que c’était probablement un bureau et là beaucoup de gens s’en sont émus, parce que c’était un baraquement administratif qui était dans un camp SS. Le camp de Hinzert était divisé en deux: il y avait un camp pour les prisonniers et un camp où habitaient les SS, où ils faisaient leurs tâches administratives et où travaillaient des prisonniers. Et là, la dimension symbolique est moins importante que pour un baraquement de prison. Une grande partie de la population de Steinfort a manifesté et dit: ‘nous ne voulons pas de baraquement SS’.”
L’aspect financier a aussi jouer un rôle. Le baraquement se délabrant progressivement, il a été démonté puis stocké dans un dépôt des Sites et monuments sous un pont ferroviaire. Aujourd’hui, des objets fabriqués par les prisonniers pour se distraire, dont un échiquier, sont, entre autres, exposés dans le baraquement reconstitué dans le cadre de l’exposition permanente au Musée d’Esch.