
Spacety est une entreprise spatiale chinoise qui s'est établie au Luxembourg en 2019. Depuis janvier, elle figure sur la liste de sanctions des États-Unis en lien avec l'invasion russe en Ukraine. L'entreprise aurait fourni des images satellites au groupe de mercenaires Wagner.
Un groupe interministériel a entrepris des démarches pour mettre fin à un soutien direct ou indirect de la guerre russe à travers la société Spacety Luxembourg S.A, c'est ce qu'a répondu le ministère de l'Économie suite à la requête de RTL:
"Parmi ces démarches, une dénonciation a été faite par le ministre des Affaires étrangères et européennes Jean Asselborn et par le ministre de l'Économie Franz Fayot auprès du Procureur d’État pour une éventuelle violation, par Spacety Luxembourg S.A., d'une mesure restrictive européenne et de la loi du 27 juin 2018 relative au contrôle des exportations."
La société avait ses bureaux au Technoport à Belval. Le ministère de l'Économie a confirmé à RTL que ce contrat avait été dissous et que Spacety allait donc devoir bientôt libérer les bureaux. L'État ainsi que la SNCI (Société nationale de crédit et d'investissement) sont actionnaires au Technoport.

Le centre de recherche public LIST (Luxembourg Institute of Science and Technology) avait signé en août 2022 une collaboration avec l'entreprise Spacety Luxembourg. Lors d'une première prise de position en février, le LIST écrivait qu'ils suspendraient si nécessaire leur collaboration.
Après requête, RTL a eu la confirmation lundi que toute collaboration avec la filiale luxembourgeoise de Spacety avait été suspendue il y a quelques jours. Le LIST déclare n'avoir jamais partagé de technologies, algorithmes ou données avec eux.
L'Université de Luxembourg aussi avait des projets de recherche en commun avec la firme, surtout dans le domaine de systèmes mécaniques pour se débarrasser de déchets dans l'espace.
Dans un mail à RTL, l'université a précisé qu'elle n'avait jamais eu d'activités avec eux en lien avec des images satellites. Ils ont également suspendu leur collaboration et ils travaillent actuellement à la clôturer, nous ont-ils fait savoir.
Peu après que l'entreprise chinoise dont le siège se trouve au Grand-Duché, s'est vue reprocher de la part des États-Unis d'avoir rendu accessibles des images satellites au groupe de mercenaires Wagner, un démenti a été diffusé. Selon ce communiqué, l'entreprise n'aurait de liens ni avec la Russie, ni avec le groupe Wagner. Après ce communiqué, il n'a plus été possible d'entrer en contact avec les responsables de la société.
