
Lorsque Pascal Zimmer a reçu les clés de l’Hôtel Oranienburg à Vianden, le 30 juillet 2025, ses ambitions étaient d’emblée considérables : non seulement ressusciter ce lieu iconique, mais le revitaliser. Chacune des 28 chambres devait avoir sa propre atmosphère, comme il nous l’avait déjà expliqué lors de notre première visite en août.
Cinq mois plus tard, les travaux ont bien avancé, mais beaucoup de projets initiaux ont également changé. En partie à cause d’imprévus, mais aussi parce que les choses ont évolué autrement, tout simplement.
“C’est notre manière de travailler”, explique Pascal Zimmer. “Nous glissons un peu sur les choses. Il y a des choses qui ne se passent pas comme prévu, alors au début nous sommes un peu frustrés, puis quelque chose de nouveau apparaît. Et ensuite, nous sommes contents que cela se soit passé ainsi.”
À part quelques fuites et des pannes électriques, les imprévus sont restés limités, disait Pascal en janvier. Ils avaient certes pris un peu de retard à cause d’un tournage de film, mais il restait optimiste de pouvoir ouvrir le 1er avril : “Avant, nous étions vraiment très nonchalants, et maintenant il faut quand même un peu accélérer le mouvement.”
Deux semaines avant l’ouverture prévue de l’hôtel, l’heure devrait être à porter la dernière touche, mais les travaux ne semblent pas tout à fait terminés, tout dépend de l’endroit où l’on regarde : d’un côté, on polit des verres, de l’autre, on enduit une nouvelle porte. Et pour cause : un gros imprévu est survenu : ils ont découvert que l’hôtel n’était pas conforme en matière de protection incendie. Pascal et son équipe ont donc décidé, à la dernière minute, de diviser le bâtiment en unités plus petites. Au cours des dernières semaines, ils ont installé des fenêtres et des portes coupe‑feu, raccourci les voies d’évacuation et veillé à ce que chaque unité ait sa propre entrée.
À cause de cette nouvelle partition, ils ne peuvent plus respecter le délai initial. Ils maintiennent certes l’ouverture de l’hôtel au 1er avril, mais seule une partie de l’établissement sera prête. Les autres unités seront terminées progressivement. Pascal ne considère toutefois pas cela comme un échec : “J’ai un peu une approche - une approche de vie aussi - selon laquelle le chaos et les emmerdements font partie du jeu. On n’a pas que les beaux moments, parfois c’est gris aussi. Mais c’était un projet formidable, et c’est toujours un beau projet. Si quelqu’un me dit : ‘Pascal, c’était quand même vite fait’, je réponds oui et non. Parce que ce n’est pas encore terminé. Ce ne sera pas terminé dans deux ans, ni dans dix ans. Je pense que tant que je pourrai encore travailler, ce ne sera jamais fini.”