Observé à WincrangeQu'implique la présence d'un loup dans la région pour les hommes et les animaux?

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Un loup a été photographié mardi près de la localité de Wincrange. L'Administration de la nature et des forêts a confirmé qu'il s'agissait d'un loup.
© AFP (archive)

Quand une telle photo est envoyée à l'Administration de la nature et des forêts, celle-ci commence par vérifier si un certain nombre de critères sont remplis afin d'identifier l'animal, par exemple les oreilles, explique Laurent Schley, directeur adjoint:

"Elles ne peuvent pas être trop pointues. Chez les chiens proches du loup, la plupart sont longues et pointues, chez le loup, elles sont plutôt courtes et arrondies."

La queue est également un critère important. Celle du loup n'est pas très longue.

L'animal observé près de Wincrange a été clairement identifié comme étant un loup. Vu qu'un loup a également été aperçu dans la localité belge de Bourcy, on peut supposer qu'un loup est présent depuis un moment déjà dans la zone frontalière belgo-luxembourgeoise. Il serait difficile de dire s'il va rester là ou s'il va continuer à se déplacer. Cela pourrait notamment dépendre du fait qu'il trouve un partenaire:

"S'il s'agit d'un animal isolé, il se peut qu'il reste, mais aussi qu'il se déplace encore s'il ne trouve pas de partenaire." 

Le loup se montre généralement timide face à l'homme. Une rencontre serait plutôt improbable: si le loup ne s'enfuit pas, il faut se faire grand et parler fort, tendre les bras en l'air pour que le loup vous reconnaisse en tant qu'humain.

Le loup se nourrit de gibier, mais parfois aussi d'animaux d'élevage comme les moutons. Ce serait le principal conflit qui existe avec le loup, selon Laurent Schley.

Depuis 2017, un plan d'action et de management, élaboré par les différents acteurs concernés, est en place. Des indemnités y sont prévues lorsqu'un animal d'élevage, tel qu'un mouton, est tué. Il serait malgré tout difficile de se protéger, dit le président de la fédération des éleveurs d'ovins, Raymond Baulesch: "Nous ne pouvons quand même pas fermer nos prairies sur une hauteur de deux mètres. Les éleveurs de moutons de l'Oesling peuvent se faire du souci. Le loup ne doit pas être abattu. Mais quelque chose doit se passer. Le soutien de l'Etat devrait être plus important."

Le plan d'action et de management irait dans la bonne direction mais le soutien ne serait pas assez grand, trouve aussi Christian Wester, président de la "Bauerenzentral": "L'éleveur est seulement dédommagé pour la perte de l'animal quand la mort de celui-ci est attribuée avec certitude au loup. Les procédures sont longues et difficiles. Cela préoccupe un peu les éleveurs."

Les conséquences indirectes pour les éleveurs ne seraient pas prises en compte, regrette Christian Wester. Même pour la pose d'une clôture de protection, ils seraient seulement soutenus financièrement si la présence du loup est définitivement prouvée. De manière générale, il serait très difficile pour les éleveurs de se protéger préventivement.

Le loup observé près de Wincrange pourrait être un solitaire. A l'étranger, des meutes se sont toutefois formées à plusieurs endroits, notamment dans les Hautes Fagnes, dans la zone frontalière belgo-allemande.

Ce serait juste une question de temps pour que plusieurs loups soient présents au Luxembourg aussi, selon Laurent Schley.

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