
La guerre au Moyen‑Orient risque d’entraîner une nouvelle crise d’approvisionnement et les responsables politiques n’ont pas beaucoup tiré les leçons des précédentes.
Lorsque la Russie a envahi l’Ukraine il y a quatre ans, certains produits alimentaires sont soudain devenus rares, les prix des denrées alimentaires ont explosé et les chaînes d’approvisionnement ont été perturbées. À l’époque, on avait promis que l’accent serait davantage mis sur les produits alimentaires régionaux, afin d’être plus indépendants. Un objectif qui n’a pas été atteint, selon le Mouvement écologique. Sa présidente, Blanche Weber :
“Tant au niveau européen qu’au Luxembourg, nous avons avancé à double vitesse, mais toujours dans la mauvaise direction.”
Avec des campagnes comme “Esou schmaacht Lëtzebuerg”, le gouvernement miserait uniquement sur la bonne volonté et sur des actions de sensibilisation pour promouvoir les produits régionaux, mais d’un autre côté, il créerait des faits brutaux qui vont dans une toute autre direction.
“L’accord Mercosur, rejeté à juste titre par les agriculteurs, a été soutenu par le Luxembourg au niveau européen et salué sans hésitation à la Chambre. Pour des raisons prétendument géopolitiques, des accords sont conclus avec des autocrates douteux, comme le président Milei, qui ruinent les petits agriculteurs dans les pays d’Amérique du Sud et mettent encore plus de pression sur les agriculteurs européens.”
Une autre critique concerne les pesticides. La pomme n’a certes pas été mentionnée, mais c’est notamment d’elle qu’il s’agit. Le Luxembourg semble avoir envie de continuer à s’aligner sur le lobby des pesticides, estime Blanche Weber.
“C’est franchement absurde et irréel de dire que tout va bien tant que la limite pour chaque pesticide pris individuellement n’est pas dépassée, même si des quantités de pesticides (et les analyses montrent qu’il peut y en avoir jusqu’à 15) se retrouvent dans un aliment. Cela parce qu’il n’existe aucune limite pour le cumul des pesticides. Pas de limite, pas de problème… voilà la logique.”
Le Mouveco constate également des lacunes dans la politique énergétique. Des progrès ont été réalisés dans le développement des énergies renouvelables pour l’électricité. Il y a certes encore un potentiel d’amélioration, mais l’expansion du solaire et de l’éolien avance. En revanche, pour le chauffage, il manque toujours une véritable stratégie.
“Les ménages privés, si l’on exclut la voiture, consomment deux tiers de leur énergie pour le chauffage, pas pour l’électricité. Et là — désolé, gouvernement — nous sommes encore très loin d’avoir fait ce qu’il faut pour avancer dans la planification thermique et dans la production de chaleur.”
Bien sûr, la question de savoir qui paie pour la transition socio‑écologique a aussi été soulevée. Le Mouveco souligne que le soutien aux personnes financièrement défavorisées doit être renforcé, et que cet argent devrait être recherché auprès des super‑riches.