
Après avoir été longtemps la gare routière des autobus de la Ville de Luxembourg, la Place de la Gare "n'est actuellement qu'un triste parking", se désole Serge Wilmes. Pour le Premier échevin de la capitale (CSV) en charge du développement urbain mais aussi du commerce est venue "la chance historique d'en faire enfin une vraie place publique".
Avec ses 11.700 habitants, la Gare est le troisième quartier le plus peuplé de la capitale, après ceux de Bonnevoie-Sud et de Belair. "C'est avec eux", mais aussi avec les habitants de Luxembourg-Ville, ceux qui vivent, travaillent, passent et consomment du côté de la gare que la place doit être réaménagée. À travers une "participation citoyenne" donc.
Comme c'était déjà le cas pour la nouvelle Place de Paris, inaugurée un peu plus en amont, en juin dernier. Traversée par le tram depuis un peu plus d'un an, la Place de Paris avait été repensée et réaménagée suite à un processus de participation citoyenne.
Devenant une nouvelle place "avant tout fonctionnelle", dans le but de "redynamiser la vie de quartier en accueillant des fêtes locales, des événements culturels ou encore un nouveau marché hebdomadaire", avait expliqué l'échevin Patrick Goldschmit (DP), au moment de son inauguration.
L'ennui c'est que, contrairement à la Place de Paris, la Ville n'a pas la main sur la Place de la Gare. Le terrain appartient au Fonds du Rail. Il est donc géré par les CFL.
Les Chemins de fer luxembourgeois ont justement annoncé cette semaine la construction, sur la place, de leur nouveau siège social. Il doit accueillir jusqu’à 1.200 collaborateurs d'ici la fin 2026.
"Des réflexions sont évidemment en cours sur cette place à proximité directe du bâtiment de la Direction Générale" et après la suppression de l'ancienne gare routière "différentes options sont à l’étude quant à l’utilisation de ce terrain", reconnaissent les CFL via Alessandra Nonnweiler, responsable de la communication.
"Entre les idées possibles figure par exemple l'aménagement souterrain d'un espace parking pour vélos. D’autres options, également pour la partie en surface, ne sont pas à exclure en ce moment", assure la responsable de communication des CFL. Elle n'exclut rien vu qu'"une décision finale quant à l’utilisation de cette surface n’a donc pas encore été prise".
À l'hôtel de Ville, le tandem DP-CSV a misé gros sur le réaménagement de places publiques, comme celles de Metz, de Paris et de la Gare. Et a fait de l'incitation des citoyens "à s’impliquer davantage dans le processus de planification des grands projets" sont credo pour mieux partager les points de vue et construire "une ville accueillante, agréable à vivre, dynamique et performante assurant à ses citoyens un haut niveau de qualité de vie", comme stipulé dans la déclaration échevinale pour la période 2017-2023. Et 2023, année électorale, c'est bientôt.