
Après l'annonce choc de Dupont Teijin Films, lundi, de fermer deux lignes de production sur son site luxembourgeois à Contern, syndicats et direction se sont retrouvés à la table de la première réunion de concertation, jeudi après-midi.
Les raisons économiques qui ont mené à cette double fermeture et à la suppression de 160 emplois, mais aussi les solutions envisageables pour réduire le grand nombre de salariés touchés, devaient être au centre de la discussion. C'est du moins ce que pensaient les syndicats LCGB et OGBL en se mettant à table. Ils ont vite déchanté.
Car la direction de DTF a tout simplement annoncé la couleur d'un plan social. Elle "a laissé croire aux salariés, comme aux syndicats qu'on allait partir sur un plan de maintien dans l'emploi", comme les syndicats l'avaient exigé lundi. Au lieu de quoi, la direction "a déclenché dès mardi un plan social en envoyant la lettre à l'Adem, sans même nous prévenir! C'est inacceptable!", s'emporte Alain Rolling, secrétaire central à l'OGBL.

Dans un communiqué publié vendredi matin, les syndicats se disent "consternés" par l'attitude de la direction qui "s'obstine à rester dans l'optique d'un plan social qui conduira à des licenciements secs!" Et estiment qu'"il ne s’agit ni plus ni moins de l'exécution du dictat des USA!"
"Nous n'acceptons pas ce plan social. Notre objectif reste la mise en place d'un plan de maintien dans l'emploi pour éviter tout licenciement. Il y a des familles là derrière! C'est dans un contexte de crise et d'inflation qu'on veut mettre 160 personnes dehors. Ce que que nous condamnons", résume Alain Rolling.
Le plan social, imaginent les avocats de DTF, doit être bouclé en quinze jours. Ce qui fait dire à Marc Kirchen, assistant syndicat LCGB, choqué par l'envergure de la suppression de postes, que chez DTF (ex-usine de DuPont de Nemours racheté par Celanese Corporation en octobre 2021) que "ça se passe à l'américaine. Mais au Luxembourg, ça ne se passe pas comme ça! Nous avons le dialogue social". Et à travers ce modèle "on trouve toujours des solutions", rajoute son collègue de l'OGBL.
L'idée des syndicats est de réduire au maximum les 160 postes menacés et d'accompagner au mieux socialement les concernés par le biais de prêts de main-d'œuvre, de départs en préretraite ou de réorientations professionnelles.
LCGB et OGBL ont proposé au ministre du Travail, Georges Engel, de mettre en place une cellule de reclassement sectorielle "Industrie", "inspirée du modèle "CDR" utilisé avec succès dans le cadre des tripartites sidérurgie et aviation". Modèle qui permettrait de "conserver les personnes dans l'emploi et de répondre partiellement à la pénurie de main-d’œuvre, sur laquelle tout le monde s'accorde".
Mais il y a "pire encore" aux yeux des syndicats. La direction "est dans l'incapacité totale de donner des perspectives pour la ligne de production restante". Ils rappellent au passage que Dupont Teijin Films a touché plusieurs mois du chômage partiel et des aides publiques.
Le ministre, rapportent les syndicats, s'est "clairement exprimé en faveur de la mise en place d'un plan de maintien dans l'emploi" et il interviendra dans ce sens, auprès de la direction de DTF.
Georges Engel doit à présent inviter direction et syndicats, mais aussi Franz Fayot, le ministre de l'Économie pour étudier ensemble à trois, "les pistes et solutions possibles en vue d'éviter cette catastrophe pour les salariés", tout comme pour le secteur de l'industrie luxembourgeoise.
Syndicats et la délégation du personnel ont déjà lancé un appel fort à la mobilisation pour un piquet de protestation devant l'entreprise, jeudi prochain.
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