
La petite fille, née le 6 juin 2015, n'avait même pas un mois quand elle a disparu à proximité de l'étang de Linger. A l'époque, un témoin a déclaré avoir vu la mère se diriger avec le bébé vers l'étang, puis revenir seule.
Il reste un prénom, un nom et une date de naissance pour résumer le destin d'un petit enfant. Bianka a-t-elle fêté son cinquième anniversaire il y a quelques jours? Ou faut-il écrire: Bianka aurait fêté son cinquième anniversaire? La petite fille est-elle toujours en vie? Est-elle décédée?
Des questions qui n'ont pas été éclaircies à ce jour et pour lesquelles, il n'y a pas de réponses officielles.
Le président de l'"Ombuds Comité fir d'Rechter vum Kand", le comité de défense des droits des enfants, René Schlechter: "La perte d'un enfant va au-delà de ce que nous pouvons nous imaginer. Et vivre aussi avec cela, qu'un enfant disparaisse et que l'on ne sache absolument pas ce qui s'est passé. S'il est mort? S'il a été enlevé? S'il a une belle vie? Ou s'il vit dans des conditions impossibles? C'est un fardeau énorme."
Dans les jours qui ont suivi la disparition du bébé, Doris Wolz, alors procureur adjoint, avait déclaré:
"Nous n'avons aucune information. Mais nous supposons que l'enfant est vivante. Les pistes, qui sont explorées, et il y a beaucoup de pistes que nous examinons, elles partent toutes de l'hypothèse que l'enfant est en vie."
La mère de Bianka a passé 14 mois en détention provisoire. Une longue période pendant laquelle la femme semble avoir gardé le secret du destin de son enfant. Des opérations de recherches exceptionnelles ont été menées à l'époque, sans aboutir à un résultat concret. Pendant cinq ans, aucun nouvel appel à témoins n'a été lancé par les autorités.
A ce jour, aucun cadavre n'a été retrouvé.
Le bébé a-t-il été remis à une tierce personne, après que sa mère ait été informée qu'elle ne pourrait pas le garder? Qu'en est-il d'une piste éventuelle au Portugal?
Des questions qui restent en suspens cinq ans après les faits. L'enquête ne se fait pas sur la place publique, avait réagi à l'époque un responsable de l'Administration judiciaire. Cinq ans plus tard, interrogée une nouvelle fois, la Justice a répondu qu'elle ne ferait aucune déclaration en ce moment. Il reste à espérer que l'affaire "Bianka Bisdorff" ne soit pas devenue un cold case, une affaire non résolue.
René Schlechter: "Un cold case signifie qu'il y a eu une enquête et qu'elle n'a pu aller plus loin parce qu'il n'y avait plus d'éléments. Dans un cas comme celui-ci, il faut cependant espérer qu'il est toujours en cours. Je pourrais m'imaginer que ça tourne encore quelque-part rien que dans les pensées des enquêteurs qui se sont occupés (de l'affaire). Pour que si une nouvelle chance survient, un tel cas puisse et doive être rouvert."