80 ans de la Libération des camps de concentration"On n'a pas le droit de haïr", plaide une rescapée

Dany Rasqué
Ginette Kolinka s'était rendue au lycée des Garçons de Luxembourg en 2019 afin de raconter son histoire. Rencontre avec cette rescapée des camps de la mort.

Mars 1944: Ginette Kolinka n'a que 20 ans. La jeune femme se prépare à sortir déjeuner avec son père, son frère et son neveu quand la Gestapo les arrête.

Après être passés par les prisons d'Avignon, Marseille et Drancy, ils sont envoyés à Auschwitz-Birkenau. À leur arrivée, des camionnettes sont prêtes pour transporter les gens malades, fatigués ou ceux qui ne veulent pas marcher. Son père, 61 ans, et son frère de 13 ans lui conseillent de partir dans le camion.

Au début, elle ne voulait pas croire ce que lui racontaient les autres femmes du camp à propos des gens qui étaient montés dans les camions:"On les croit pas. Qu'est-ce qu'elles nous racontent? Que la fumée, c'est eux? Elles nous racontent qu'ils ont tous été asphyxiés, assassinés. Mais elles sont mauvaises ces bonnes femmes! Elles sont jalouses! Mais quand-même c'est excessif pour se venger".

Au camp, elles étaient transformées "en robot". Après le camp d'Auschwitz-Birkenau, Ginette Kolinka a été transférée à Bergen Belsen et à Theresienstadt. En mai 1945, elle est à nouveau transférée mais à son arrivée, les alliés avaient libéré les camps. Elle a ensuite été envoyée dans des centres d'accueil où on lui a annoncé que sa mère et ses cinq sœurs n'avaient pas été déportées et qu'elles vivaient à Paris dans leur ancien appartement. C'est un mois plus tard qu'elle a pu retrouver sa famille dans la capitale française.  
C'est seulement en 2000 que Ginette Kolinka a commencé à témoigner sur son vécu et elle compte bien continuer.

Durant les premières années après la guerre, la témoin raconte qu'elle ne supportait pas d'entendre la langue allemande autour d'elle. Mais cela a bien changé et Ginette fait la différence entre les allemands et les nazis: "Je vous garantis, je peux voir n'importe quel Allemand, je peux entendre parler allemand, cela ne me fait rien. Un homme, une femme de 75 ans. Quand la guerre a été terminée, c'était un bébé. Je vais lui en vouloir? Mais il ne m'a rien fait. Non."

La centenaire a publié un livre en 2019 dans lequel elle raconte son histoire. Le livre s'appelle "Retour à Birkenau".

Dans un entretien avec Dany Rasqué (RTL Lëtzebuerg) en 2019, elle était revenue sur son périple et sur sa vie après les camps de la mort (en français et luxembourgeois):

Zäitzeie vun Ausschwitz Ginette Kolinka

Back to Top
CIM LOGO