
Beaucoup plus de cas mais proportionnellement, beaucoup mois de malades et de décès. Telle est la première image que l'on peut dresser de la vague d'infections due au variant Omicron.
Sa progression accélérée s'est traduite par un quasi-doublement des cas chaque semaine. La semaine de Noël, le Luxembourg avait détecté 2.688 cas de coronavirus chez les résidents. Puis 5.643 cas la semaine suivante (du 27 décembre au 2 janvier) et encore 10.680 infections la semaine du 3 au 9 janvier, 11.728 la semaine passée. C'est, a minima, 1,8% de la population contaminée entre le 10 et le 16 janvier. Du jamais-vu.
À ce stade, malgré ces très nombreuses contaminations, le bilan des victimes est bien moins lourd que lors des précédentes vagues. C'est notamment le cas grâce à la vaccination, qui a permis de contenir la montée du variant Delta cet automne.
C'est aussi "grâce" à la rapide propagation du variant Omicron, à propos duquel les premières études suggèrent un moins grand risque d'hospitalisation. Entre "30 et 50%" du risque attribué à Delta, écrit l'Agence européenne du médicament.
Son avis est toutefois nuancé. D'un côté, elle précise que les vaccinés ont plus de chance de développer des symptômes qu'avec les autres variants. De l'autre, elle rappelle que "ces études démontrent également que la vaccination continue de conférer un haut niveau de protection contre les formes graves et les hospitalisations induites par Omicron."
Les données du gouvernement vont dans le sens de ces premiers résultats. Malgré des infections beaucoup plus nombreuses, le nombre d'hospitalisations est bien en-dessous des niveaux atteints lors des précédents confinements, lors du printemps 2020 puis de l'hiver 2020-2021.
Ce qui ne doit pas faire croire que la situation est confortable pour les soignants: les hospitalisations causées par le coronavirus sont plus nombreuses que les sorties de soins. La charge de travail est en hausse dans les hôpitaux luxembourgeois.
Mercredi, après avoir consulté l'avis des scientifiques, le Premier ministre a annoncé devant les députés que le gouvernement "prendra ses responsabilités" et imposera la vaccination aux plus de 50 ans et dans le secteur de la santé.