
"Nous n'avons pas été entendus, et nous avons perdu beaucoup de temps en matière de vaccination obligatoire", a fermement critiqué le spécialiste des maladies infectieuses, le docteur Gérard Schockmel qui n'a pas ménagé la ministre de la Santé Paulette Lenert.
Le spécialiste fait partie d'un groupe de cinq experts qui, pour le compte du gouvernement, avait recommandé dans son avis médical une obligation vaccinale pour le secteur des soins de santé ainsi que pour les personnes âgées de plus de 50 ans. "Il faut vraiment se demander si 26 lois Covid étaient nécessaires pour changer son approche", regrette-t-il, tout en rappelant qu'il faut maintenant "se préparer au prochain automne et qu'il ne faut plus rien laisser au hasard".
L'expert en maladies infectieuses poursuit ses critiques en expliquant que si une telle obligation vaccinale avait été introduite il y a six mois, il ne faudrait plus de quarantaines dans les écoles ou d'autres mesures comme le traçage des contacts. "La ministre a ignoré les experts beaucoup trop longtemps", souffle-t-il.
Il ne comprend pas pourquoi Paulette Lenert a dit deux jours avant la nouvelle année "vouloir discuter d'une obligation vaccinale seulement après la pandémie", ce qui n'aurait rien de "prévoyant", estime l'expert qui regrette également l'inactivité de la Santé en matière d'information sur les vaccins anti-Covid, laissant libre cours aux conspirationnistes de tous genres.
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Le Premier ministre espère que la ministre de la Santé pourra convaincre ses collègues même si des réticences subsistent encore dans son parti (LSAP). "Il faut avancer, avec, si possible, des vaccinations aux mois de mai, juin, juillet, afin que toutes les personnes visées soient protégées à l'automne prochain", a déclaré Xavier Bettel qui reconnaît qu'une telle obligation n'a pas été prise à la légère et qu'elle traduit aussi une certaine défaite des autorités à ne pas avoir réussi à convaincre tous les citoyens concernés.
Il réitère sa pensée en expliquant que la vaccination obligatoire fait partie intégrante de la solution afin de "retrouver un peu plus nos libertés".
Le Premier ministre n'était cependant pas en mesure de donner plus de détails concernant la suite des événements après le 28 février, mais il a à nouveau rappelé qu'il fallait "rester prudent".