Politique industrielle européenne"Nous sommes à la traîne des Etats-Unis et de la Chine"

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Jeudi matin, René Winkin. le directeur de la Fedil, la Fédération des industriels luxembourgeois, était l'invité de la rédaction de RTL Radio.

Lors de la dernière tripartite, il a été retenu que l'Etat prendrait en charge pendant plusieurs mois un troisième index, qui pourrait tomber à l'automne. "Le coût" ainsi épargné aux entreprises "est estimé à 60 millions d'euros par mois", a dit René Winkin jeudi matin sur RTL. Le directeur de la Fedil, a souligné l'importance de cet accord.

Les entreprises sont également "aidées pour supporter les coûts énergétiques". Mais là, "les critères seraient très sélectifs." Une sélectivité, qui manquerait peut-être à d'autres endroits, serait appliquée ici. "Il faut", par exemple, qu'"une entreprise ait une certaine intensité énergétique". Des corrections auraient toutefois été apportées entretemps, selon René Winkin. Cela aurait coûté 16 millions d'euros en 2022, car de nombreuses entreprises n'ont pas pu en profiter. On estime toutefois que le coût de cette mesure sera plus élevé cette année, car les entreprises commenceraient à ressentir ces prix élevés.

DE NOMBREUSES ENTREPRISES INDUSTRIELLES SE SERRENT LA CEINTURE


Il y a "un certain nombre d'entreprises industrielles, qui se serrent la ceinture actuellement", explique le directeur de la Fedil. Principalement celles qui dépendent plus fortement des exportations et des importations internationales. Elles ne seraient pas nécessairement déjà dans une situation inextricable, mais leur chiffre d'affaires n'aurait pas l'air génial.

Après l'annonce cette semaine de la fermeture de deux lignes de production chez Dupont-Teijin Films au Luxembourg, René Winkin souligne qu'en plus du fait que l'entreprise a dit qu'un fournisseur ne lui livre plus de matière première, d'autres causes jouent aussi indirectement un rôle. Notamment les coûts élevés de l'énergie et le fait que l'industrie photovoltaïque européenne, dont ils étaient des fournisseurs, n'est plus aussi florissante qu'avant. Il y aurait également des éléments, tels que l'avenir de la politique industrielle européenne et la compétitivité de l'Union européenne, qui interviendraient ici.

L'EUROPE DOIT INTENSIFIER SA POLITIQUE INDUSTRIELLE

Il y a quelques années, le Green Deal européen a été créé pour, entre autres, agir contre le changement climatique, et "l'Union européenne a certainement pensé que cela irait de soi." Les États-Unis auraient maintenant compris qu'une politique climatique était nécessaire et les Chinois aussi. Juste qu'aux Etats-Unis, une politique industrielle a été mise sur pied en même temps. "Ils auraient la chance d'avoir pour eux les retombées des opportunités que cela apporte (l'industrie des batteries, l'hydrogène, les électrolyseurs, les énergies renouvelables, l'éolien, le photovoltaïque)." Ils se seraient donné les capacités nécessaires pour avoir aussi les procédures et donc l'accès au capital. Les deux acteurs majeurs (Etats-Unis et Chine) tenteraient de développer toutes les technologies chez eux. Et là, l'Europe serait loin derrière. Elle voudrait seulement maintenant bâtir une politique industrielle, trois ans après le Green Deal.

"Nous sommes à la traîne, cela peut-être une menace pour l'Europe." "Le Luxembourg ne sera pas épargné", selon René Winkin. Il serait grand temps que l'Europe mette en oeuvre des projets concrets pour renforcer l'industrie. La question serait de savoir si les moyens sont là. "Au lieu d'avoir deux députés qui se chamaillent à la Chambre" (Myriam Cecchetti et Dan Kersch), "il serait bon d'avoir des gens qui se battent à Bruxelles pour faire une politique industrielle solide pour le Luxembourg", selon le directeur de la Fedil.

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