Repenser l'agricultureMoins de cultures pour nourrir le bétail et plus pour nourrir directement les humains?

RTL Infos
A cause de la guerre en Ukraine, 50 millions d'êtres humains supplémentaires risquent de souffrir de la faim dans le monde entier.

La pénurie alimentaire frappera d'abord les pays plus pauvres. Il faudrait changer notre façon de voir les choses, selon l'organisation SOS Faim.

Réduire la consommation de viande n'est pas seulement un moyen efficace de diminuer les émissions de CO2, mais aussi de lutter contre la faim dans le monde, argumente Marine Lebfèbvre de SOS Faim:

"Beaucoup de surfaces agricoles, en tout cas au Luxembourg, sont dévolues a l'élevage de bovins. On pourrait libérer ces surfaces pour nourrir directement les humains. Parce que nourrir des bovins cela occupe beaucoup de place agricole. Donc ça c'est un premier levier et c'est un levier essentiel."

Pour que ce changement ait une chance de réussir, il faudrait mettre en oeuvre une politique qui soutienne les agriculteurs. Il n'est certainement pas impossible de développer, en plus de la production classique, une filière pour nourrir directement les humains, dit Luc Emering, président des "Jongbaueren":

"Nous sommes ici au Luxembourg sur une terre de pâturages. Nous avons de petites surfaces arables structurées, nous ne sommes pas une région agricole, d'autres régions sont beaucoup plus avantageuses. Ce qui ne signifie pas que nous ne devons rien faire, cela doit être très clair."

Christian Wester, président de la "Bauerenzentral", explique:  "Les pâturages, c'est-à-dire l'herbe, les prairies, les pâtures, tout est protégé par des directives européennes. Nous ne pouvons pas simplement demain prendre la charrue, les retourner et y mettre des céréales. (...)"

Nous pourrions définitivement cultiver un peu plus de fruits et légumes, mais pour cela aussi, nous aurions besoin d'un cadre qui nous soutienne: "D'une manière ou d'une autre, nous devons survivre économiquement et si les politiques (...)  aimeraient plus de pâturages, parce que c'est mieux pour la biodiversité, mieux pour les émissions de CO2, mieux pour l'eau, alors les vaches arrivent derrière, si vous voulez exploitez cela de manière économiquementutile."

En 2020, les pâturages représentaient un peu plus de 50% des surfaces agricoles au Luxembourg. Près de la moitié de nos terres arables étaient réservées à la production de nourriture pour le bétail. Il y a deux ans, en Allemagne, des aliments destinés au bétail étaient cultivés sur 60% des surfaces arables.

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