
Les dépenses de la Caisse nationale de santé excèdent ses recettes : un déficit de 126 millions d’euros est attendu cette année. Ce constat n’est pas nouveau et, comme cette évolution s’inscrit dans la durée, les réserves pourraient déjà passer l’an prochain sous le seuil légal minimum de 10 %. Afin d’éviter cela, les responsables souhaitent maîtriser les dépenses, notamment en intervenant au niveau des arrêts maladie.
Il convient toutefois de souligner que les arrêts maladie ne constituent pas, et de loin, le poste le plus important des dépenses de la CNS. Ces dernières s’élèvent au total à plus de 5 milliards d’euros, dont environ 1,5 milliard est consacré aux hôpitaux. Les dépenses hospitalières augmentent cependant de 6,5 %, soit quasiment au même rythme que les dépenses globales (6,4 %). Les indemnités de maladie, qui s’élèvent à 365 millions d’euros, ne viennent qu’en cinquième position des dépenses, mais elles enregistrent une hausse de 10,8 %. Lors de la réunion de la commission parlementaire de la Santé et de la Sécurité sociale, mercredi, le député DP Gérard Schockmel a donc encouragé à davantage sensibiliser les médecins qui délivrent un nombre particulièrement élevé de certificats d’arrêt de travail.
"Quelque chose qui ne coûte rien du tout, et qui est pratiqué depuis longtemps en Angleterre, par exemple, consiste à ce que chaque médecin reçoive chaque année une petite lettre où figure la moyenne des arrêts de travail prescrits normalement par un généraliste sur l’année. Vous êtes largement au‑dessus de cette moyenne, vous seriez peut‑être disposé à faire un effort pour vous en rapprocher ?" Cela conduirait souvent, dans un premier temps, à ce que le nombre d'arrêts maladie diminue avant de se stabiliser à nouveau après un certain temps.
La ministre de la Santé, Martine Deprez, a souligné que les 365 millions d’euros ne correspondent qu’aux montants pris en charge par la CNS, laquelle n’intervient qu’à partir du moment où une personne est en arrêt maladie pendant plus de 77 jours. Avant cela, c’est l’employeur qui paie et les frais sont pris en charge via la mutualité. Selon le président de la CNS, José Balanzategui, des campagnes de sensibilisation concrètes ont déjà été menées.
"Nous avons notamment, en ce qui concerne les prescriptions d’analyses biologiques, en ce qui concerne la thyroïde, adressé un courrier au corps médical afin de rappeler une nouvelle fois les bonnes pratiques. Dans ce contexte, chaque médecin a d’ailleurs également reçu des données statistiques sur ses prescriptions, lui permettant de se situer par rapport à la moyenne."
Il aurait été immédiatement constaté que les prescriptions concernant la thyroïde avaient nettement diminué. De son côté, le député Marc Baum (déi Lénk) a voulu savoir si certaines pathologies avaient augmenté chez les personnes en arrêt de maladie de longue durée. À cela, Martine Deprez a répondu :
"Les pathologies les plus fréquentes, celles qui représentent la plus grande proportion, sont les maladies mentales et les affections articulaires, c’est‑à‑dire tout ce qui concerne l’appareil locomoteur. Cela indique que notre population vieillit quelque peu et qu’il existe un certain environnement psychologique qui fait que les personnes ont plus souvent le code 'dépression' sur leur certificat d’arrêt de travail."
En ce qui concerne les arrêts maladie liés à des problèmes de l’appareil locomoteur, cela peut également expliquer que la kinésithérapie, avec une hausse de 10,6 % des dépenses, se classe juste derrière les indemnités de maladie. Selon la ministre de la Santé, des discussions sont actuellement en cours avec les médecins afin de déterminer dans quels cas et combien de séances de kinésithérapie sont réellement nécessaires.
Martine Deprez a toutefois souligné qu’à l’avenir aussi, chacun continuera à recevoir les soins médicaux dont il a besoin, à un prix abordable.