Zelensky s'adresse aux Luxembourgeois"Mir wëlle bleiwe wat mir sinn"

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"Nous voulons rester ce que nous sommes": c'est en reprenant la devise du Luxembourg que le président ukrainien s'est adressé ce jeudi au peuple luxembourgeois à la Chambre des députés. Volodymyr Zelensky est intervenu via vidéo.

"Cher peuple luxembourgeois, je suis vraiment reconnaissant de pouvoir m'adresser à vous. Votre peuple a une sage devise": "nous voulons rester ce que nous sommes", a lancé le président ukrainien en s'adressant ce jeudi durant treize minutes et via écrans interposés aux députés et à tous les Luxembourgeois. La Vice-ministre ukrainienne des Affaires étrangères, Emine Djaparova, était présente au parlement, tout comme de nombreux ukrainiens et diplomates.

La devise luxembourgeoise est "de grande actualité. Le peuple ukrainien se bat pour rester ce qu'il est. On lutte pour ce droit qui est le notre depuis très longtemps", a clamé Volodymyr Zelensky.

"Pour la première fois dans l'histoire de notre parlement, nous accueillons le président d'un pays en guerre. C'est une réalité dure à saisir et difficile à supporter", avait souligné Fernand Etgen, président de la Chambre, avant de donner la parole au président ukrainien.

Volodymyr Zelensky s'est montré reconnaissant pour le soutien du Grand-Duché, tout en répétant que son pays avait besoin de plus d'armes dans la lutte contre les troupes russes: "Nous sommes prêt à défendre nos libertés et nos valeurs communes. Et on compte beaucoup sur le soutien de nos partenaires européens. On est très reconnaissant de la décision historique du Luxembourg d'aider l'Ukraine. Vous avez choisi la solidarité, sans bureaucratie inutile, avec votre grand cœur", a dit Zelensky.

"Aujourd'hui, environ 20% de notre territoire est sous contrôle des occupants, (soit) près de 125.000 km2, c'est beaucoup plus que le territoire de tous les pays du Benelux", a indiqué le président ukrainien. Avant de réclamer de nouvelles sanctions contre la Russie.

L'Union européenne devrait déjà commencer à préparer un septième train de sanctions. L'argent russe gelé en Europe, devrait être débloqué pour la reconstruction de l'Ukraine. Il a également appelé le gouvernement luxembourgeois à se battre pour une adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne: "Nous pourrons mettre ensemble nos potentiels, ce serait mutuellement profitable pour nos deux nations en particulier", a dit Zelensky, avant d'inviter le Premier ministre luxembourgeois et le président de la Chambre, Fernand Etgen à venir à Kiev.

"L'Europe aussi, doit rester ce qu'elle est", a lancé Volodomyr Zelensky, affirmant que cette guerre est décisive pour l'Europe et ses valeurs. Le président ukrainien a été ovationné par les députés qui se sont mis debout.

"UNE LEÇON DE COURAGE"

En incarnant cette résistance, "vous nous donnez une leçon de courage", lui a répondu Xavier Bettel.

Dans son discours, le Premier ministre luxembourgeois a souligné l'engagement du Luxembourg pour venir en aide à l'Ukraine: "Notre pays figure parmi les contributions les plus importantes en faveur de l'Ukraine, et nous en sommes fiers". Près de 5.500 d'Ukrainiens ont été accueillis au Luxembourg.

© Twitter

"Les initiatives n'ont pas connu de limite, les gens ont accueilli des Ukrainiens de manière non administrative", a glissé Xavier Bettel en insistant sur les efforts fait pour scolariser les enfants ukrainiens et sur le fait que le Luxembourg continuerait à soutenir l'Ukraine. Le grand public a appris au passage que les deux hommes se parlent chaque semaine.

"La paix a un prix pour nous tous", a-t-il déclaré. "Tout ce que nous perdons actuellement, c'est de l'argent, vous perdez des vies humaines", a-t-il déclaré.

Mettant en garde contre une russophobie, Xavier Bettel est d'avis que "le dialogue sera la seule solution pour pouvoir sortir de cette situation. Mais après ce qui s'est passé à Boutcha, je ne peux plus parler à Poutine. Je trouvais tout simplement que c'était... Impossible", a-t-il déclaré ému.

"On fera tout pour que vous puissiez remplir les conditions le plus rapidement" pour une adhésion à l'UE. "L'avenir de l'Ukraine est dans l'Europe", a assuré Xavier Bettel.

APRÈS LES DISCOURS, LES DÉBATS

Une très large majorité de députés se sont ensuite prononcés, via une motion, en faveur d'une nouvelle aide à l'Ukraine, y compris avec des armes lourdes, et aussi pour accompagner l'Ukraine sur le chemin de l'Union européenne et pour le maintien des embargos contre la Russie. Les députés ont regretté que la grande unité ait commencé à s'émietter à cause du blocage de la Hongrie. Dans ce contexte, le ministre d'État ne s'est guère montré optimiste quant à un embargo européen sur le gaz russe.

Notre seul objectif doit être de voir l'Ukraine gagner la guerre, a affirmé le député CSV Claude Wiseler. Laisser gagner Poutine serait dangereux. Tout ce qui compte à présent, est de faire preuve de force et d'unité.

Qu'est-ce qui prime, notre confort ou la paix dans le monde? Cette question rhétorique a été formulée par le député DP Gusty Graas pour affirmer que l'aide internationale serait plus qu'importante. Il faudrait dès à présent travailler à un nouveau plan Marshall, qui finance la reconstruction de l'Ukraine. Dans notre relation avec la Russie, nous aurions parfois été "naïfs" par le passé, a ajouté l'élu libéral.

Selon le président de la Commission des Affaires étrangères, le député socialiste Yves Cruchten, ce ne serait pas le moment de faire l'analyse de ce que nous avons mal fait dans la relation avec la Russie. Mais ce moment viendra et il faudra de nouveaux standards pour les conditions sous lesquelles le Luxembourg fait des affaires avec d'autres Etats.

Au terme du débat, la motion a été soutenue par les partis de la majorité ainsi que par le CSV et les Piraten.

Pour sa part, le député ADR Fernand Kartheiser a plutôt mis l'accent dans son discours sur l'importance des négociations de paix. Il faudrait dès à présent penser à une réconciliation nationale en Ukraine. L'ADR ne voudrait pas non plus de récession en Europe occidentale, si les sanctions contre la Russie ne mettent de toute façon pas fin à la guerre.

Les députés de la Gauche ont également insisté sur les négociations de paix, mais les perspectives manqueraient actuellement. Nathalie Oberweis s'est en outre distanciée du "narratif" selon lequel, dans la guerre en Ukraine, un Occident uni s'opposerait à la Russie autocratique. La députée d'opposition a demandé des garanties de sécurité pour la Russie.

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