Sommet européen à BruxellesLuc Frieden évoque des mesures sociales ciblées si les prix de l'énergie augmentent "substantiellement"

François Aulner
adapté pour RTL Infos
Le gouvernement prendra des mesures sociales ciblées si les prix de l’énergie restent élevés, avait déclaré mardi le ministre de l’Énergie, Lex Delles. Le Premier ministre Luc Frieden l'a répété jeudi à son arrivée au sommet de l’UE à Bruxelles.
© François Aulner

Le Premier ministre n’a toutefois pas précisé, malgré la question posée, à partir de quand ou à partir de quel niveau de prix le gouvernement interviendra. Il a déclaré : “Nous agirons si les prix pour les citoyens et pour les entreprises au Luxembourg augmentent de manière substantielle. Ce n’est pas le cas pour le moment, car beaucoup de ces contrats sont conclus pour plusieurs années.

Le Premier ministre a également souligné que l’Etat avait déjà apporté une aide au niveau des coûts de réseau, ce qui est considéré comme une mesure préventive. “Nous espérons que cette guerre ne durera pas trop longtemps et que, par conséquent, les prix mondiaux se stabiliseront”, a-t-il ajouté.

Bras de fer entre la Hongrie et l’Ukraine

La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran ainsi que la crise énergétique auraient normalement dû être les thèmes principaux du sommet européen à Bruxelles ce jeudi, si l’Ukraine n’était pas revenue, une fois de plus, au premier plan. L’UE a déjà approuvé un prêt de 90 milliards d’euros sur deux ans pour l’Ukraine, mais comme la Hongrie a de nouveau opposé son veto, les chefs d’État et de gouvernement des 27 doivent une nouvelle fois tenter de convaincre le Premier ministre hongrois Viktor Orbán.

Il faut ajouter que des élections auront lieu le 12 avril en Hongrie, et il est évidemment impossible de prévoir ce qui se passera si le challenger d’Orbán, Péter Magyar, vient à le battre. L’Ukraine et l’UE ne peuvent toutefois pas attendre, raison pour laquelle la Commission européenne a tenté mardi de persuader Orbán de débloquer l’aide à l’Ukraine, notamment en annonçant l’inspection d’un oléoduc en Ukraine. Orbán accuse en effet le président ukrainien Zelensky de faire monter volontairement les prix de l’énergie en Hongrie afin de manipuler les élections.

Luc Frieden a déclaré qu’il était confiant quant à la possibilité de trouver une solution. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán restait toutefois catégorique jeudi matin : si l’Ukraine ne laisse pas circuler le pétrole vers la Hongrie, la Hongrie n’aidera pas l’Ukraine. Contrairement au Premier ministre luxembourgeois, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, s’est dite " pas très optimiste”, tout en plaçant ses espoirs dans le président du Conseil, António Costa, qui tente sans relâche de trouver un compromis avec Orbán.

Etats-Unis, Israël et Iran: jamais trop tard pour la diplomatie

Il n’y a pas que la Hongrie et l’Ukraine, l’UE doit également réagir à la guerre en Iran, déclenchée par les Etats-Unis et Israël. Aucun pays de l’UE n’est actuellement disposé à s’impliquer, d’une manière ou d’une autre, dans le conflit en Iran. Le Premier ministre a déclaré qu’il fallait désamorcer la situation au Moyen-Orient, sans recourir à la violence, mais par la diplomatie, pour laquelle il n’est jamais trop tard.

Le Luxembourg, comme d’autres pays, s’oppose par ailleurs totalement au retour de l’énergie russe sur le marché européen.

Le Premier ministre reste également optimiste quant à la question de la supervision de l’épargne et de l’investissement européens. Le Luxembourg, avec d’autres Etats membres, milite pour que cette supervision ne devienne pas européenne mais reste entre les mains des Etats eux-mêmes. Luc Frieden compte sur le ministre des Finances, Gilles Roth, qui devra défendre ce dossier lors des prochaines réunions ministérielles.

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