
Lors de la séance publique de la Chambre mardi après-midi, le Premier ministre Luc Frieden a fait une déclaration concernant l’accord tripartite. À cause de la guerre en Iran, les prix de l’énergie ont fortement augmenté, ce qui a indirectement pour conséquence que le prix de nombreux autres produits augmente également. Il s’agit d’un sujet qui touche l’ensemble de la société, raison pour laquelle il était important et justifié de convoquer une réunion tripartite. Et même si les discussions n’ont pas été simples, tous les partenaires sociaux ont toujours fait preuve de bonne volonté. L’accord repose sur trois piliers : freiner l’inflation et préserver le pouvoir d’achat, protéger l’économie et préserver les emplois, et faire avancer la transition écologique.
La présidente du groupe parlementaire LSAP, Taina Bofferding, a salué l’accord, car il est bon pour l’ensemble du pays. Elle espère également que le dialogue social sera à l’avenir davantage entretenu et pas seulement sorti du tiroir lorsqu’il devient absolument nécessaire. En ce qui concerne le salaire minimum, l’augmentation est certes positive, mais elle ne serait pas suffisante :
"Nous affirmons aussi que cela ne doit pas rester une mesure ponctuelle. Comme nous l’avons dit, nous souhaiterions une augmentation structurelle. Il est également important de garantir que le salaire minimum augmente à l’avenir, et je renvoie ici à notre proposition de loi visant à l’adapter chaque année à l’évolution des salaires."
Le fait de freiner la hausse des prix des énergies fossiles est certes nécessaire pour l’instant, mais doit rester limité dans le temps, car cela envoie un mauvais signal au regard de la transition écologique.
Le président du groupe parlementaire ADR, Fred Keup, a estimé que l’accord tripartite contenait de nombreuses mesures qui figuraient déjà dans le programme électoral de l’ADR, et que, par conséquent, une tripartite n’était pas nécessaire en soi. À titre d’exemple, il a cité la baisse des accises sur le carburant. Il a toutefois également évoqué des points négatifs, notamment le coût du paquet de mesures, qui s’élève à 450 millions d’euros.
“Si vous rapportez ces 450 millions à la population, cela signifie que chaque habitant du pays paiera désormais 700 euros pour mettre en œuvre ces mesures. C’est aussi une réalité, car l’argent doit bien venir de quelque part. Nous nous endettons, et à un moment donné, quelqu’un devra payer, en l’occurrence, dans le doute, les générations qui viendront après nous.”
Il ne s’agit pas seulement de mesures d’allègement à court terme, mais il faut également apporter des réponses à des problèmes structurels, par exemple en matière de logement.
Sam Tanson, en tant que porte-parole des Verts, a notamment demandé davantage de mesures face à la situation tendue sur le marché du logement.
“Outre le développement de la construction de logements publics, qui sera encore renforcé, il faut, selon nous, une responsabilisation de ceux qui sont propriétaires et qui ne mettent pas sur le marché leurs biens inoccupés, autrement dit, mobiliser les logements vides et les terrains. Ces mesures devraient, à nos yeux, être prioritaires, mais il n’en est pas question pour l’instant.”
En ce qui concerne l’énergie, elle a estimé qu’une campagne de sensibilisation aux économies, qui doit être lancée prochainement, aurait dû intervenir plus tôt.
Marc Goergen, élu des Pirates, a regretté que le prix de l’électricité n’ait pas été baissé, notamment comme signal en faveur des personnes qui conduisent une voiture électrique.
Pour déi Lénk, Marc Baum a estimé que le gouvernement n’avait plus besoin de grand-chose pour être satisfait : on peut déjà s’estimer heureux si, pour une fois, aucun nouveau dégât n’a été causé. L’augmentation du salaire minimum est certes positive, mais il n’est pas correct qu’elle soit entièrement financée par la collectivité et non par les employeurs.
Une motion du LSAP visant à créer une commission tripartite spéciale a ensuite été adoptée à l’unanimité.