
Des températures avoisinant les 30 degrés et du soleil : par une journée comme ce samedi, beaucoup de personnes se rendent dans la nature, en particulier au bord de l'eau. L'un des endroits les plus prisés est le lac de la Haute-Sûre.
Les habitants de villages comme Lultzhausen et Insenborn réclament un concept national afin de mieux gérer l'impact de l'afflux de visiteurs.
Ce samedi, le calme était inhabituel à Lultzhausen. Plus de voitures faisant plusieurs fois le tour du village avant de constater qu'il n'y avait finalement aucune place de stationnement disponible à proximité immédiate du lac.
Depuis ce week-end, la commune d'Esch-sur-Sûre a décidé d'agir. Des barrières ont été installées et un agent de sécurité est chargé de bloquer l'accès routier au village.
Pour des habitants comme Pierre Wolff, qui vit à Lultzhausen, il s'agit d'un pas dans la bonne direction.
J'habite à Insenborn depuis mon enfance, et maintenant à Lultzhausen depuis une trentaine d'années. L'évolution est telle que de plus en plus de gens viennent ici, car nous constatons le développement du pays, qui se manifeste également ici. La croissance est liée à celle du pays. Or, les infrastructures, la signalisation, tout est resté figé il y a trente ans. Cela signifie qu'il y a un réel manque de stratégie pour réguler correctement la circulation, les voitures et les piétons, aussi bien à Lultzhausen qu'à Insenborn. Il faudrait que chacun puisse trouver facilement son chemin vers la plage et se garer.
Dès que les températures grimpent, de mai à septembre, le lac attire les visiteurs : des résidents, mais aussi de nombreux touristes venus de Belgique, des Pays-Bas et de France. Beaucoup ne connaissent pas la région, ce qui entraîne, comme ce samedi après-midi, d'importants embouteillages, notamment le long de la dangereuse N27.
Pierre Wolff explique :
Aujourd’hui, le premier parking, comme à Insenborn, s’appelle celui de Keilert. Je suis moi aussi favorable à la langue luxembourgeoise, mais ça ne marche pas d’appeler ainsi le parking de Keilert, car tout étranger qui vient ici, ou tout francophone, cherchera un "parking plage".
Qu'il s'agisse de la signalisation, d'un système de stationnement avec des indications claires ou encore d'une réglementation précisant ce qui est autorisé ou non sur les plages, les habitants estiment qu'une approche globale est nécessaire.
Un exemple récent : sur le territoire de la commune d'Esch-sur-Sûre, il est interdit depuis vendredi de faire des barbecues sur les plages, en raison du risque élevé d'incendie de forêt.
Pierre Bormann, habitant d'Insenborn et ancien bourgmestre, souligne :
Je me suis levé à l'aube, car j'étais sur le lac en kayak ; on ne voit pas ça à Liefrange. Là-bas, tout le monde peut faire un barbecue et allumer un feu comme bon lui semble. C'est exactement pareil à la plage de Rommwiss. Il faut vraiment qu’on se mette d’accord là-dessus. Je pense que le parc naturel pourrait jouer un rôle de médiateur. Toutes les communes de la région font partie du comité du parc naturel. Nous devons donc également harmoniser les règles autour du lac, au moins sur le lac lui-même.
Tous deux, Pierre Bormann et Pierre Wolff, sont d'accord sur un point : "Le problème du lac ne peut pas être résolu par la seule commune d'Esch-sur-Sûre. Il faut une solution régionale, voire nationale. C'est là que réside le problème, car les moyens financiers ne sont tout simplement pas disponibles à l'échelle communale."
Les habitants des deux villages plaident clairement en faveur d'un tourisme durable autour de la plus grande réserve d'eau potable du pays, dans le respect de la nature et des personnes qui y vivent.
Pierre Bormann relance également la question de l'absence d'une piste cyclable faisant le tour du lac, qui permettrait de favoriser une mobilité douce tout en réduisant la circulation automobile.