Ajustement du salaire minimumL'opposition parlementaire déçue par les explications du gouvernement

Claudia Kollwelter
adapté pour RTL Infos
"Nous n'avons strictement rien appris !", a déclaré Marc Baum, élu déi Lénk, après que le ministre du Travail Marc Spautz a présenté son rapport sur la hausse du salaire minimum.
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Mercredi après-midi, ce sont pas moins de trois ministres, Martine Deprez (Sécurité sociale), Lex Delles (Économie) et Marc Spautz (Travail), qui ont présenté aux membres des commissions parlementaires du Travail et de l’Economie leur rapport sur les discussions qu’ils ont eues avec les partenaires sociaux à propos de l’ajustement du salaire minimum. Ils ont également détaillé le choix de la méthode de calcul pour la transposition de la directive européenne.

Le député LSAP Georges Engel a expliqué que les élus s’étaient vu présenter le mode de calcul d’Eurostat, mais qu’il avait néanmoins le sentiment que de nouveaux calculs apparaissaient sans cesse pour éviter que le salaire social minimum doive être ajusté. À ses yeux, le gouvernement fait tout pour éviter une hausse :

Sur le plan structurel, rien n’est fait concernant le salaire minimum. Structurellement, le salaire minimum reste identique. La volonté affichée par ce gouvernement d’agir véritablement contre la pauvreté reste vraiment très, très loin. Et je trouve cela vraiment dommage. Pour beaucoup d’autres choses, nous avons de l’argent, mais pour les personnes qui gagnent vraiment très peu, nous n’en avons pas.

Carole Hartmann, députée libérale, a, de son côté, souligné que rien n’avait été changé au mode de calcul, mais que celui-ci avait été présenté de manière plus précise. Des précisions ont été apportées concernant l’indice de Kaitz, qui représente le rapport entre le salaire minimum légal et le salaire médian :

Aujourd’hui, nous avons appris que, si l’on utilise l’indice de Kaitz, nous sommes effectivement actuellement à 59,3 voire 59,4 % du revenu médian, de sorte que, dans le calcul de notre salaire minimum, nous nous dirigeons effectivement vers 60 % du revenu médian au Luxembourg.

Pour Marc Baum, ce qui a été présenté correspond plus ou moins à ce que l’ancien ministre du Travail, Georges Mischo, avait déjà mis sur la table. C’est la raison pour laquelle le député déi Lénk se demande pourquoi on a un nouveau ministre :

Nous avons appris que le gouvernement veut continuer à faire ce qu’il fait de toute façon. Youpi, nous pouvons nous en réjouir. L’index reste en place. Le salaire minimum reste lié à l’index. Et youpi, ce qui est le cas depuis 1973, à savoir que le salaire minimum est ajusté tous les deux ans en fonction de l’évolution des salaires réels, reste également inchangé. Et si nous faisons cela, alors tout va bien. Plus besoin de mener la moindre discussion sur les ‘working poor’, sur le fait que des personnes ayant un emploi à temps plein n’ont pourtant pas la possibilité de vivre au‑dessus du seuil de risque de pauvreté. Plus de discussion non plus sur une augmentation substantielle et structurelle du salaire minimum, sur la base de calculs, qui ne sont pas prévus obligatoirement par la directive, mais qui sont justement choisis de manière délibérée de façon à ce qu’on ne doive absolument rien faire.

Djuna Bernard, élue des Verts, a elle aussi parlé de déception :

Nous avons vécu un moment où les personnes qui gagnent le moins au Luxembourg, parce qu’elles touchent le salaire minimum, parce qu’elles font partie de ce que l’on appelle les working poor, auraient pu espérer qu’aujourd’hui nous sortirions d’ici en pouvant annoncer une augmentation du salaire minimum. Cela aurait été un objectif, qui aurait été bon pour notre pays et aussi pour la cohésion sociale dans notre pays. Et cette nouvelle, nous ne l’avons pas aujourd’hui. Au contraire, le gouvernement nous a annoncé aujourd’hui qu’il ne ferait rien d’autre que maintenir le statu quo, c’est‑à‑dire l’ajustement bisannuel du salaire minimum à l’évolution salariale.

Le ministre du Travail, Marc Spautz, a une nouvelle fois souligné que rien n’était encore décidé :

Je dois cependant dire que je ne peux pas m’imaginer… parce que j’ai toujours été celui qui disait qu’il aimerait une décision pour Pâques. Je ne sais pas si cela pourra se faire pour Pâques. Mais pour moi, il reste important, et cela a toujours été mon propos, que cela soit connu, afin que les entreprises puissent elles aussi se préparer à ce que cela signifie, qu’elles sachent à long terme quelles charges vont arriver. Et qu’il est également important que nous veillions, dans la situation actuelle, à ce que les entreprises aient la possibilité de préserver leur compétitivité et qu’elles aient encore la possibilité de suivre.

Vendredi, le conseil de gouvernement se réunira pour discuter, entre autres, de l’ajustement du salaire minimum.

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