
Les modifications apportées à la loi sur la protection de la nature par ce nouveau projet, doivent renforcer la vie avec la nature dans les zones urbaines, selon Serge Wilmes. Une des nouveautés présentées par le ministre de l'Environnement est le "couvert boisé urbain". Il s'agit d'amener les communes, grâce à diverses simplifications, à mettre plus d'espaces verts dans le périmètre constructible. Cependant environ 40% des communes rempliraient déjà l'objectif de 20% de couvert boisé urbain.
La définition d'un arbre dans ce cas est que la plante doit mesurer au moins 1,5 mètre de haut, 1,5 mètre de large et ombrager une zone de 1,5 mètre sur 1,5 mètre. Si la commune remplit l'objectif de 20%, aucune mesure compensatoire ne doit plus être mise en place, si on veut construire sur son terrain. Ces mesures compensatoires concernent les espèces protégées européennes qui vivent dans les biotopes.
"Aujourd'hui, le fait est encore que vous devez vous en occuper vous-même. Ce n'est pas l'Etat qui achète ces terrains. Vous devez trouver un terrain, sur lequel vous pouvez réaliser ces mesures compensatoires, pour que ces espèces puissent y aller. Et c'est contraignant, vous devez trouver un terrain pour pouvoir y recréer les biotopes. Et ici, nous disons simplement, nous reprenons cela en tant que collectivité en veillant à ce qu'il y ait suffisamment d'arbres partout dans les communes et qu'ils forment un réseau pour assurer que ces espèces puissent survivre là", a expliqué Serge Wilmes.
Une des mesures phares du projet est la possibilité de laisser se développer un biotope pendant 15 ans maximum sur un terrain constructible et de le retirer avant l’expiration de ce délai sans avoir à compenser sa destruction. Les terrains à bâtir ne devront plus être fauchés régulièrement, mais pourront être laissés en jachère jusqu'à 15 ans, afin que des biotopes puissent s'y développer. Si le propriétaire veut construire, il pourra retirer le biotope sans devoir faire un bilan écologique, sans payer des points écologiques ou devoir compenser.
"Mais la contrepartie est aussi que nous allons introduire dans la loi sur l'aménagement communal un nouvel article qui stipule, que pour tout PAP 'nouveau Quartier', d'une superficie supérieure à 20 ares, il devra y avoir 10% d'espaces verts. Ce sera une obligation, qui n'existait pas jusqu'à présent", selon le ministre de l'Environnement.
Par crainte de devoir compenser, les particuliers se débarrassent souvent de la végétation. Maintenant, ils pourront la conserver 15 ans et ensuite la retirer, s'ils désirent construire. La mesure constituera un "bénéfice temporaire" pour la biodiversité.
Pour un terrain d'une superficie inférieure à 10 ares, le bilan écologique pourra être réalisé par l'Administration de la nature et des forêts. Il ne devra plus être établi par un professionnel et payé par le propriétaire. C'est l'Etat qui payera pour lui. Par ailleurs, un bilan écologique ne sera plus nécessaire si vous voulez enlever un arbre malade d'un lieu public. Il devra seulement être remplacé à un autre endroit et il faudra demander une autorisation.
Serge Wilmes a souligné qu'il ne s'agissait pas seulement d'accélérer la construction de logements, mais de protéger davantage la nature dans les communes. "Donner l’impression que l’on veut tout détruire dans la nature, c’est fondamentalement faux", affirme le ministre.