
L’accord de coalition prévoit le remaniement du “Plan d’action national pour la promotion des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexes” d’ici l’été. C’est dans cette optique qu’était organisé ce colloque. Le ministère de l’Egalité des genres et de la Diversité souhaitait discuter avec la communauté LGBTIQ+ de ses besoins. Quelque 120 personnes ont fait part de leurs réflexions et les ont mises sur papier au sein de groupes de travail.
14 groupes de travail avaient été constitués qui ont discuté de domaines très diversifiés tels que l’éducation, la santé, la participation citoyenne, la communication, la culture et le sport ou la recherche, pour n’en citer que quelques-uns.
Le président de l’association Rosa Lëtzebuerg, qui défend les intérêts et les droits de la communauté LGBTQI+, Tom Hecker, a parlé d’un après-midi très constructif après le colloque.
“Nous voyons que des choses se font. Des choses se font sur tellement de plans, sur tellement de thèmes, que je suis en fait tout à fait impatient de voir ce qui sera élaboré d’ici juillet et je suis plein d’espoir et d’allant pour travailler ensuite à mettre en œuvre toutes ces choses.”
Personnellement, il se demande par exemple ce qui sera fait dans le domaine intersexe, c’est-à-dire des enfants qui viennent au monde avec des caractéristiques de genre féminines et masculines.
“Que ces enfants soient enfin protégés, qu’ils ne soient pas opérés d’office, s’il n’y a pas de raisons médicales ou vitales et que ces enfants soient également ‘signalés’, de sorte que nous ayons simplement aussi des statistiques sur le nombre de personnes qui entrent dans cette catégorie.”
Par ailleurs, l’éducation est un domaine auquel tient particulièrement Tom Hecker, qui se rend dans des écoles sous son alias Tatta Tom, pour sensibiliser le jeune public à la diversité et la tolérance.
L’un des groupes de travail s’occupait de politique étrangère et il a appelé à s’opposer activement aux tendances négatives, comme l’a déclaré son porte-parole:
“Rechercher des alliances avec des pays partageant les mêmes idées, y compris au sein de l’UE. Surtout parce qu’on voit que tout le monde n’est pas sur la même ligne, mais qu’il y en a qui vont très clairement dans la bonne direction, qu’on les suive, qu’on tienne très fermement à nos valeurs et qu’on représente une position luxembourgeoise.”
C’est la volonté du Grand-Duché. La ministre de l’Egalité des genres et de la Diversité, Yuriko Backes, ne laisse planer aucun doute là-dessus. Un recul des droits des femmes et de la communauté LGBTIQ+ est constaté à l’étranger et cela affecte également le Luxembourg.
“Nous avons vu tout le débat autour des pétitions il y a quelques mois à la Chambre, ce qu’il a également déclenché comme commentaires haineux sur les réseaux sociaux. Cela signifie que nous devons prendre cela vraiment très au sérieux, il y a un recul et je suis personnellement absolument déterminée à lutter contre ce recul et je le fais avec mon équipe du MEGA et au gouvernement, nous prenons cela très au sérieux, car ce n’est vraiment pas une société dans laquelle nous voulons vivre et dans laquelle nous voulons que nos enfants grandissent. Cela doit vraiment nous inquiéter.”
Récemment, Yuriko Backes était aux Etats-Unis et là-bas, il lui a été dit de manière informelle que les demandes d’obtention d’un passeport luxembourgeois ont augmenté. Cela s’applique particulièrement aux organisations féministes et aux personnes issues de la communauté LGBTIQ+.