
Les thématiques LGBTQ+ doivent-elles être abordées dans l’éducation des mineurs? Ce fut le sujet de deux débats cette semaine à la Chambre des députés. Ceux-ci faisaient suite à deux pétitions contradictoires sur le même sujet. L’une demandait que les thématiques LGBTQI+ ne soient pas abordées dans l’enseignement ou plutôt à partir d’un certain âge seulement. La seconde souhaitait que ces thématiques y soient davantage traitées. Au terme des débats, le gouvernement CSV -DP a conclu qu’il souhaite que ces sujets aient une place dans l’éducation des enfants au Luxembourg.
“Le fait que les questions LGBTQI+ seront davantage thématisées dans les écoles est bien sûr un succès”, a dit jeudi sur RTL Tom Hecker, alias Tatta Tom, le président de Rosa Lëtzebuerg, une ASBL qui défend les intérêts et les droits de la communauté LGBTQI+ locale.
Il est même d’avis que le débat sur ce sujet a seulement été vraiment lancé parce que Tom Weidig, député ADR, a réagi avec colère au fait que lui, Tom Hecker, fait des lectures dans les écoles sous les traits de Tatta Tom. Suite à cela, une pétition a été déposée contre la thématisation des idées LGBTQI+ dans les écoles, puis il y a eu une contre-pétition. Tom Hecker salue la réaction du gouvernement.
La pétition critique et celle qui demandait un plus large traitement de ces thèmes dans les écoles étaient assez proches au niveau du nombre de signatures récoltées. Tom Hecker ne pense pas que ce soit représentatif de l’opinion de notre société. “Je pense que beaucoup de gens ont signé la première pétition sans savoir ce qu’ils signaient, sans en envisager les conséquences”, indique-t-il. Il ressent un soutien “très fort” de la société. “Je trouve dès lors très difficile de se baser sur le nombre de pétitionnaires, c’est-à-dire de signataires” pour déterminer l’importance du soutien à la communauté, souligne Tom Hecker car “ce n’est pas ce que je perçois de la société”.
Le gouvernement veut aussi revoir les programmes scolaires. Tom Hecker apprécie que le ministère de l’Education veuille discuter avec différentes associations et avec des experts. Il estime que les sujets LGBTQI+ ne doivent pas seulement être traités dans une matière spécifique, mais qu’i faut les aborder dans toutes les matières en fonction de l’âge des élèves, “que ce ne soit plus Max et Marie, mais que cela puisse être aussi Max et Pit”.
Une première réunion entre plusieurs organisations et le ministère a déjà eu lieu mercredi. Lui-même, en tant que président de Rosa Lëtzebuerg, ne sera délibérément pas présent à ces entretiens. Mais en tant que Tatta Tom, si on lui demande un feedback sur ce qu’il a vécu, il aimerait “partager cela”.
Pour Tom Hecker, il est important aussi que le personnel enseignant ait les connaissances et le tact nécessaires pour aborder ces sujets. C’est une de ses revendications. “Il existe des formations qui sont proposées via l’IFAN, mais elles sont sur la base du volontariat. Et les personnes qui s’y inscrivent actuellement sont celles qui sont intéressées. Et en fait, cela devrait concerner ceux qui ne s’y intéressent pas, eux devraient les suivre”, explique le président de Rosa Lëtzebuerg.
Si ce succès montre que la cause de la communauté LGBTQI+ progresse au Luxembourg, ce n’est pas le cas partout. Tom Hecker reste toutefois optimiste: “j’ai confiance en l’humanité, surtout en nos voisins, qu’ils ne dérivent pas dans une autre direction, comme c’est déjà le cas dans d’autres pays, surtout si vous regardez de l’autre côté de l’Atlantique”. Le Président américain a récemment interdit les personnes transgenres dans l’armée et ordonné qu’il n’y ait que deux genres aux Etats-Unis.