
Cet accord a été annoncé lundi matin par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit, et confirmé peu après par Washington et Téhéran.
"L'accord avec la République islamique d'Iran est désormais finalisé", a écrit le président américain Donald Trump sur son réseau Truth Social.
"J'autorise pleinement la réouverture du détroit d'Ormuz sans droits de passage et, parallèlement, la levée immédiate du blocus naval américain. Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!", s'est-il félicité, ajoutant que cette ouverture interviendra "dès la signature de l'accord vendredi afin de permettre le déminage".
L'Iran a ajouté au dernier moment des négociations avec les États-Unis une clause prévoyant l'imposition de redevances pour les services maritimes dans le détroit stratégique d'Ormuz, a rapporté lundi l'agence iranienne Fars.
"Dans les derniers instants des négociations, le texte du mémorandum d'entente a été modifié, soulignant clairement et explicitement la question de la souveraineté irano-omanaise sur le détroit d'Ormuz", a indiqué Fars, citant une source anonyme.
"L'utilisation du terme +services maritimes+ signifie que les États-Unis ont accepté que des frais soient versés à l'Iran", a précisé l'agence.
Des responsables israéliens, issus du gouvernement et de l'opposition, ont critiqué lundi l'accord entre les États-Unis et l'Iran visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban, affirmant qu'il ne répondait pas aux impératifs de sécurité d'Israël.
"L'accord de Trump ne nous engage pas (...) nous ne sommes pas partie à cet accord. Il ne garantit pas notre sécurité", a affirmé le ministre israélien d'extrême droite chargé de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, sur sa chaîne Telegram.

"Nous ne devons nous contenter de rien qui soit en-deçà du démantèlement du (mouvement islamiste libanais) Hezbollah. Nous ne devons pas nous retirer d'un seul pouce du territoire que nos soldats ont conquis et débarrassé des infrastructures terroristes (au Liban)", a-t-il ajouté.
L'annonce a déclenché une chute de plus de 4% des cours du pétrole, qui avaient flambé depuis le déclenchement de la guerre le 28 février et le blocage du détroit stratégique d'Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures. La Bourse de Tokyo a bondi de plus de 4% et celle de Séoul de plus de 5% lundi matin.
Le document sur lequel se sont entendus Washington et Téhéran n'a pas été rendu public dans l'immédiat.
L'accord prévoit "la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban", a déclaré sur la télévision d'Etat le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Kazem Gharibabadi.
"Les négociations débuteront dans un délai de 60 jours en vue de parvenir à un accord définitif", a-t-il précisé, énumérant quatre sujets pour les discussions à venir: la levée des sanctions contre l'Iran, la question du nucléaire, la "reconstruction" et "le développement économique" du pays, ainsi que "la mise en place d'un mécanisme de suivi" des engagements pris.
L'agence de presse iranienne Mehr a en outre fait état d'un texte, qui n'a pas été confirmé officiellement, selon lequel l'accord prévoit "le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés au cours de la période de négociation de 60 jours", dont la moitié avant le début des pourparlers.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a salué l'accord, "étape cruciale vers un règlement pacifique du conflit", selon lui.
L'Iran a "imposé sa volonté divine et d'acier à des ennemis américains et sionistes humiliés. L'ennemi n'a d'autre choix que d'accepter la défaite et de se rendre", s'est félicité pour sa part l'état-major iranien dans un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.
Le vice-président américain JD Vance a fait savoir qu'il assistera à la signature de l'accord le 19 juin à Genève, et que la participation de Donald Trump était "possible".
Peu de temps avant l'annonce de l'accord, la plus haute instance de sécurité de l'Iran, le Conseil suprême de sécurité nationale, avait pourtant averti sur X d'une réponse "imminente" à un raid israélien qui a fait trois morts dimanche dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien.
Donald Trump avait estimé plus tôt sur son réseau Truth Social que l'attaque israélienne "n'aurait pas dû avoir lieu, surtout en ce jour particulier", dimanche marquant son 80e anniversaire.
"J'étais furieux", a-t-il ensuite confié au média Axios, affirmant avoir réprimandé le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu: "Il n'a aucun putain de jugement. Je le lui ai fait savoir".
Israël, qui redoute un compromis ne satisfaisant pas ses exigences concernant son ennemi juré iranien, a indiqué avoir riposté à des attaques de drones du Hezbollah contre son territoire.

Sous pression dans son pays pour sortir d'un conflit impopulaire qui a aussi ébranlé l'économie mondiale, Donald Trump doit rencontrer cette semaine les dirigeants des autres grandes puissances lors du sommet du G7 à Evian, en France.
"L'objectif sera de voir les conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture d'Ormuz dans la durée, et évidemment la conclusion d'un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran", a déclaré après l'annonce d'un accord le président français Emmanuel Macron.
Dans un communiqué conjoint, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie se sont déclarés "disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l'Iran concernant son programme nucléaire".
Déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes, la guerre a embrasé le Moyen-Orient et fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.