
L'expulsion est une mesure qui devrait bientôt permettre aux policiers de déloger une personne de l'entrée d'un bâtiment ou d'un commerce. Selon la CCDH, cela représente une grave atteinte à la liberté de mouvement qui viserait surtout des personnes malades ou socialement en difficulté et vivant dans la pauvreté.
La Commission consultative des Droits de l'Homme se demande si cette mesure est réellement proportionnée et nécessaire: "nous comprenons que certaines personnes ne se sentent pas en sécurité, mais d'autres solutions existent".
La juriste Anamarija Tunjic rappelle que le gouvernement était encore "contre" l'expulsion lors de la réforme de la loi régissant la police, "on assiste maintenant à un virage à 180 degrés de la part des autorités".
"Le contexte dans lequel ce projet de loi a été présenté nous inquiète, et nous nous faisons également des soucis lorsque nous pensons aux personnes qui risquent d'être réellement visées par cette mesure. Elle a été présentée à l'automne dernier avec plusieurs autres mesures afin d'enrayer la criminalité liée à la drogue au Luxembourg et elle aiderait à lutter contre les dealers et les consommateurs. Nous constatons que les autorités utilisent de plus en plus de mesures répressives dans ce contexte et que les responsables ne se concentrent pas assez sur les raisons économiques et sociales de ce phénomène" détaille la juriste de la CCDH.
Elle insiste sur le fait que ces expulsions visent clairement davantage les consommateurs de drogue et non pas les dealers et déplore que plusieurs formulations imprécises figurent encore dans le texte de loi, ce qui pourrait provoquer certaines incertitudes juridiques.