
Même si ces remèdes sont uniquement délivrés sur prescription médicale, ils sont de plus en plus souvent pris par des personnes en surpoids ne souffrant pas de diabète.
C'est une résolution traditionnelle en début d'année: perdre quelques kilos et évacuer les graisses accumulées durant les fêtes. La pratique d'une activité physique et une alimentation plus saine exigeant beaucoup de discipline, de plus en plus de personnes ont recours à des médicaments, par exemple à ceux destinés aux diabétiques. Ceux-ci sont désormais si appréciés par les gens souhaitant perdre du poids, qu'il existe des problèmes d'approvisionnement et que les patients souffrant de diabète chronique craignent de devoir modifier leur traitement.
Pierre-Marie Koch, éclairagiste, souffre d'un diabète de type 2. Pour réguler son taux de sucre dans le sang, des médicaments lui sont régulièrement prescrits. Depuis deux ans, il prend du Trulicity, un traitement produit aux Etats-Unis. Mais ces derniers temps, il lui arrive de plus en plus souvent de s'entendre dire qu'il est en rupture de stock.
Il explique: "Je suis allé à ma pharmacie habituelle, le pharmacien m'a dit, on n'en a plus. Pharmacie numéro 2, même combat. Pharmacie numéro 3, rupture de stock, et c'est là qu'on m'a annoncé que beaucoup d'Allemands, car je suis frontalier, venaient se fournir en Trulicity pour perdre du poids. Ensuite je suis allé au Luxembourg, parce que je travaille chez RTL, on m'a dit la même chose, rupture de stock. Alors j'ai dû téléphoner à cinq ou six pharmacies pour trouver, par miracle, une pharmacie qui a pu me livrer du "Trulicity", mais je n'en ai que pour trois semaines encore."
Le Trulicity n'est pas le seul traitement concerné. Certains antidiabétiques ont actuellement une disponibilité très limitée dans le monde entier. C'est aussi le cas pour l'Ozempic, un médicament de fabrication danoise. Suite à l'augmentation de la demande, les entreprises n'arrivent plus à suivre au niveau de la production. Et les pharmacies sont dépendantes des fournisseurs.
Grégory Gaudillot, responsable du service pharmacie du Centre hospitalier de Luxembourg: "C'est effectivement une rupture de stock qui est annoncée pour plusieurs mois, qui va continuer en 2024. On pense que la situation devrait se régulariser mi-2024. Et les indications qui nous ont été données par la firme, c'est de ne pas initier de nouveaux patients. C'est de vraiment maintenir les patients qui sont déjà traités et bien traités par ce produit, mais de ne pas démarrer de nouveaux patients."
Ces injections sont uniquement délivrées sur prescription médicale, la plupart du temps pour trois mois. La Caisse nationale de Santé vient d'annoncer que les médicaments concernés seront désormais seulement remboursés à 100%, lorsqu'il sera explicitement mentionné sur l'ordonnance du médecin que le patient souffre d'un diabète de type 2.
Une décision qui est une premier pas pour les professionnels du secteur. "Je pense qu'il faut une information qui soit plus ferme, et l'idée, c'est qu'il y ait un message du ministère de la Santé ou de la Division de la pharmacie, qui invite les médecins à respecter cette règle jusqu'au retour à la normale de la situation," selon Grégory Gaudillot.
Si ces antidiabétiques présentés sous forme de solution injectable, restent disponibles, c'est seulement en quantités limitées. Il est également possible de proposer aux patients des alternatives sous forme de comprimés, mais l'objectif doit être que ceux qui prennent les injections parce qu'ils sont diabétiques, s'ils les tolèrent bien, ne soient pas obligés d'arrêter ou de modifier leur traitement.
Le reportage de RTL en luxembourgeois: