
65 ans après s’être vu confier les missions d’urbaniser et d’aménager le plateau du Kirchberg, le rôle du FUAK évolue mais ne change pas forcément. En effet, le Fonds Kirchberg s’est récemment vu attribuer la construction du quartier Midfield, un projet à cheval sur les communes d’Hesperange et de la Ville de Luxembourg. “Une belle opportunité” et “une marque de confiance” apprécie son directeur, Marc Widong. Le quartier devrait accueillir près de 5.000 résidents, des bureaux, un lycée et des bâtiments publics.
C’est dire l’ampleur du projet dont la construction ne devrait commencer que dans “quatre à cinq ans”. À ce stade, le directeur du FUAK a pu nous confirmer l’installation au nord du quartier du Lycée technique du Centre. “Ce sera d’ailleurs un des plus grands lycées du pays”, précise-t-il. Des bureaux pour la branche “immo” des CFL sont également prévus. En ce qui concerne le devenir du P&Ride Sud, Marc Widong affirme qu’il subsistera mais qu‘il sera adapté, pour devenir un parking souterrain laissant la place à un complexe sportif ou culturel en surface.
Il nous assure que toutes les solutions sont étudiées pour rendre le quartier Midfield aussi “agréable et pratique” que possible. La proximité de l’A3 a longtemps posé question, dans le cadre de ce projet de construction. Le directeur du Fonds Kirchberg nous explique qu’une partie de l’autoroute sera couverte, réglant ainsi le problème du bruit. Des travaux qui seront menés par les Ponts et Chaussées, ajoute-t-il. Et les logements devraient être intégrés de manière à être moins exposés au trafic.

“Notre expertise s’exporte” en dehors du Kirchberg, observe Marc Widong, ce qui signifie “qu’on nous fait confiance”. Un bonne nouvelle pour le fonds d’urbanisation qui est pourtant loin d’en avoir fini avec le Kirchberg. Entre le Kuebebierg et les projets JFK Sud, Langfur et Grünewald Ouest, le FUAK a de quoi faire pour les 15 années à venir. “On a encore beaucoup à construire au Kirchberg”, confirme Marc Widong, alors qu’on l’interrogeait au sujet d’éventuels nouveaux projets hors quartier.
Le directeur du FUAK rappelle que les logements sont vendus en emphytéose (99 ans). “Ils ne reviendront pas de sitôt mais c’est différent pour les bureaux, les premiers sont revenus” entre les mains du Fonds Kirchberg. Et quand ce moment arrive, il faut savoir quoi faire du terrain et du bâtiment qui s’y trouve. “Veut-on l’exploiter de la même manière? Va-t-on en faire autre chose ? Les travaux ne s’arrêtent jamais vraiment, c’est pourquoi il faut avoir une vision et une stratégie long terme”, explique M. Widong.
Il précise que la stratégie du Fonds Kirchberg a beaucoup évolué depuis 1961, année de sa création. “On est beaucoup plus tournés vers le logement”, fait-il remarquer. Une évidence qui n’en était pas forcément une à l’époque de la construction du Pont Rouge, des institutions européennes ou des sièges bancaires. Il a fallu viabiliser les champs qui s’étendaient sur le plateau pour permettre à l’Ecole européenne, la Coque et même la Philharmonie de s’y installer. Une mission en constante évolution donc.
À cela s’ajoute l’actualité: la guerre au Moyen-Orient, l’explosion des coûts de l’énergie et une éventuelle hausse des taux à venir. S’il admet que l’évolution des taux est hors de son contrôle, il rappelle que le Fonds Kirchberg peut agir pour compenser la hausse des coûts de la construction, comme il l’a fait après la pandémie. “On plafonne nos prix, ce qui permet à l’acheteur et aux banques d’avoir une sécurité et surtout une visibilité sur les coûts qui pourraient être engendrés” par une crise généralisée.
Enfin, comme nous avons rencontré M. Widong sur le pavillon luxembourgeois du MIPIM à Cannes, la question de la présence du Fonds Kirchberg a été soulevée. Car la délégation du FUAK n’était évidemment pas à la recherche d’investisseurs mais plutôt de savoir-faire. Architectes, ingénieurs et autres ont eu l’occasion de rencontrer les responsables du fonds afin de discuter d’éventuelles candidatures à des projets futurs.
“Pour les acteurs de l’immobilier, c’est ‘the place to be’. Et si pour nous c’est un peu différent, cela n’empêche que notre emploi du temps est bien rempli”, nous a-t-il répondu. Et à cela s’ajoutent les rencontres spontanées “dans un cadre informel qui a ses avantages”, ponctue M. Widong.