ImmobilierCarlo Thelen: "Le Luxembourg doit être représenté au MIPIM"

Gaël Arellano
Le directeur général de la Chambre de commerce, Carlo Thelen, n'en démord pas: le Luxembourg doit avoir une présence forte au MIPIM. Le salon réunit chaque année plus de 20.000 professionnels du secteur immobilier. De quoi donner une visibilité à un marché qui n'est pas forcément connu de tous. Et les nouvelles venant d'Agora semblent lui donner raison.
© Gaël Arellano/ RTL Luxembourg

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Carlo Thelen ne tourne pas autour du pot. Dans une interview accordée en marge du MIPIM 2026, le directeur général de la Chambre de commerce a établi un constat très réaliste du marché de l’immobilier luxembourgeois. Les problèmes, il les connait et n’hésite pas à en parler.

Pour le moment, les signes ne sont pas très positifs. Nous avons besoin de 6.000 à 7.000 nouveaux logements par an et nous n’avons jamais réussi à en construire plus de 4.000. En ce moment, on est à peine à 900 logements par an”, a-t-il déclaré. Mais les trois dernières années de disette n’ont en rien entamé la confiance qu’il a en l’industrie du pays.

Le Luxembourg a toujours été un pays très stable, très prévisible. On a des bases saines, on a de très bonnes entreprises et de belles capacités d’innovation”, a-t-il affirmé. Et si l’incertitude des marchés n’est pas à nier, il ne doute pas en la capacité du Luxembourg à rebondir. Mais pour rebondir, il faut des initiatives.

L’une d’elle est de donner autant de visibilité que possible “à un pays et un marché que tout le monde ne connaît pas forcément ”, a souligné M. Thelen. Et c’est lors d’événements tels que le MIPIM que le Luxembourg peut afficher son attractivité et son savoir-faire, estime le directeur général de la Chambre de commerce. Pour lui c’est simple, “le Luxembourg se doit d’être représenté ".

Parce que le MIPIM ne rassemble pas que des professionnels de l’immobilier. “Il y a des banquiers, des avocats, des investisseurs… C’est l’occasion de mettre en avant la diversité de notre économie et de l’écosystème luxembourgeois. Et ça nous permet de rappeler que même si le Luxembourg est un petit pays, il continue d’avoir un grand impact économique.”

À cela s’ajoute l’opportunité pour les quelques 350 professionnels venus du Grand-Duché de “découvrir les nouvelles tendances” de l’immobilier et de s’inspirer de ce qui se fait de mieux à l’étranger. Et au Luxembourg comme ailleurs, les pouvoirs publics semblent s’être fixé deux objectifs majeurs : la création de logement abordable et la transition vers une construction plus verte et plus résiliente.

Dans ce contexte, l’avenir semble tourné vers des alliances entre les secteurs publics et privés. C’est du moins ce qu’affirment les plus éminents conférenciers invités à Cannes cette année. La bonne nouvelle, c’est que le Luxembourg en compte déjà quelques-unes. Parmi elles, on retrouve Agora qui a annoncé jeudi la signature d’un compromis de vente pour 33 appartements au sein du projet “Belvie” (sud de Belval).

Une vente qui s’est conclue au MIPIM avec une entreprise qui n’était pas implantée au Luxembourg jusque-là. Un premier pas encourageant alors que le salon n’a pas encore fermé ses portes. Mais ça ne suffira évidemment pas. Il en faudra beaucoup plus pour rétablir l’équilibre sur le marché luxembourgeois. Et ça tombe bien puisque le gouvernement luxembourgeois prépare un nouveau paquet logement.

Un paquet dont on ne sait pas grand-chose à ce stade. Interrogé à ce sujet, Carlo Thelen affirme ne pas être dans le secret des dieux. “Nous avons formulé un certain nombre de suggestions au gouvernement dont des incitatifs fiscaux pour faire revenir les investisseurs”, nous a-t-il confié. Le directeur général de la Chambre de commerce croit en leur potentiel, en particulier lorsqu’on parle d’amortissement accéléré ou d’une baisse éventuelle de l’imposition sur les revenus locatifs.

Mais le ministre du Logement a déjà annoncé la couleur. S’il y aura bien des mesures pour rétablir la confiance en ce marché immobilier, “tous les acteurs devront prendre leurs responsabilités”. Cela inclut évidemment les promoteurs et les constructeurs mais aussi les banques et les autorités communales. “On doit tous travailler dans le même sens”, s’accorde à dire Carlo Thelen.

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